Dans son nouveau roman graphique, Pascal Rabaté nous transporte dans le Berlin de 1931, à quelques années du désastre, mettant en scène des artistes, des danseuses, des histoires d’amour, des soirées alcoolisées, des copains qui profitent de la vie… Bref : la grande fête. Hélas, cela ne va pas durer : nous, lecteurs, nous savons comment cela va se terminer… En narrateur accompli — tant en bandes dessinées qu’au cinéma —, l’adaptateur d’« Ibicus » et auteur des « Petits Ruisseaux » ou de « La Déconfiture » (1) va justement jouer avec cette longueur d’avance, tout en utilisant un graphisme coloré où il change légèrement son trait habituel, pour installer un malaise qui ne cesse de monter à la lecture de cette « Enfance des ruines » qui n’a pas fini de vous hanter…
Lire la suite...La première bande dessinée suédoise
Oskar Andersson, le pseudonyme O.A., est sans doute le premier créateur des bandes dessinées en Suède, né à Stockholm le 11 janvier 1877. A vingt ans, il trouvait une situation comme dessinateur dans un journal humoristique qui s’appelait Sôndags-Nisse.
O.A. lisait toutes les bandes dessinées américaines qui lui tombaient sous la main: The Yellow Kid, The Katzenjammer Kids, Little Bears and Tigers, etc. La plus connue des bandes dessinées d’O. A. s’appelle Mannen som gôr vad som falier honom in ( L’Homme qui fait tout ce qui lui vient à l’idée ). Il s’agissait d’un surhomme qui avait une voiture pliée dans sa poche intérieure et qui, d’une façon souveraine, jetait son parapluie quand la pluie a cessé de tomber. Cette bande dessinée rendait hommage à la libre volonté de l’homme individuel et elle était une protestation contre les choses mécanisées dans l’existence.
Mannen som gôr vad som falier honom in était une bande dessinée de bonne qualité. Elle aurait sans doute pu devenir un très grand succès même à l’étranger si on l’avait publiée plus régulièrement. Malheureusement, on n’a publié qu’une vingtaine d’histoires entre 1902 et 1906.
O.A. s’est suicidé en 1906. Sur sa pierre tombale, qui se trouve sur l’Île Ekerô, en dehors de Stockholm, on peut lire l’inscription: ,< Ici se repose O. A. ».
Sture Hergefors







