Tout juste auréolées du Prix René Goscinny du jeune scénariste (pour « Les Cheveux d’Édith », également chez Dargaud, mais avec Dawid au dessin), les prolifiques autrices en ouvrages jeunesse ou romans young adult que sont Fabienne Blanchut et Catherine Locandro nous racontent, dans ce qui n’est que leur deuxième bande dessinée, comment, entre silences et non-dits, a basculé la vie de Frédérique, alors qu’elle avait à peine 13 ans. Basé sur leurs trajectoires personnelles, cet attachant et délicat récit intime, somptueusement mis en images par l’Italien Thomas Campi, nous amène en Corse-du-Sud. À l’occasion de vacances en famille, pendant un été bien particulier de 1985, la fillette comprend qu’elle grandit et qu’elle est différente, car elle prend doucement conscience de l’attirance qu’elle développe pour une serveuse du restaurant du village…
Lire la suite...Bang ! n°1 – Hiver 2003
Très ambitieuse, la nouvelle et luxueuse revue trimestrielle – 150 pages en grand format sur papier glacé – éditée conjointement par Beaux arts magazine et les éditions Casterman, pourrait être comparée aux « Cahiers du Cinéma », version Bande Dessinée. Au vu de ce premier numéro au sommaire irréprochable, il nous semble cependant que la volonté éditoriale affichée, par trop orientée vers l’intellectualisme et l’esthétisme et qui fait de Bang ! une revue différente, passionnante et sans nul doute déjà incontournable, la rend aussi quelquefois un peu trop élitiste, voire – osons le qualificatif – ennuyeuse.
Mais convenons en : si ennui il y a, celui ci provient purement des textes – et principalement d’ailleurs du cahier critique proposé en fin de revue (exception faite de la superbe analyse – entièrement lisible pour sa part – que consacre Jean-Pierre Mercier à Jimmy Corrigan de Chris Ware (éditons Delcourt)). Car pour le reste, et nous pensons au sommaire et aux publications graphiques : « Chapeau Bas ! ». L’ensemble reflète avec bonheur la diversité historique, géographique et artistique du neuvième art, proposant d’ailleurs quelques inédits, dont tout lecteur amoureux de BD se délectera, signés de Schuiten, Got (quel plaisir de retrouver enfin le dessinateur du célèbre Baron Noir) & Trondheim, Neaud, Riss, Reiser, Van Hasselt, Seth ou encore Boilet: excusez du peu ! Rappelons cependant à M. Smolderen, rédacteur de la partie « historique » consacrée à Windsor Mc Cay, et par ailleurs scénariste de la vie « en BD » de l’auteur de Little Némo (et nommé à Angoulême pour son opus, second de la série Mc Cay – dessin de Bramati, éditions Delcourt – , dans la courte liste des meilleurs albums de l’année) que Little Sammy Sneeze (alias le Petit Sammy éternue en français) a déjà tout de même fait l’objet d’éditions plus récentes que celle citée de 1906, la dernière datant d’il y a un an à peine (éditons Horay) ! LT






