Cette belle adaptation du livre de Bruno de Stabenrath sur sa jeunesse avec Xavier Dupont de Ligonnès (paru chez Gallimard en 2020) — que proposent Erik Arnoux au scénario et Francesco Trifogli aux dessins — ne cherche, en aucun cas, à résoudre l’enquête policière autour de l’une des affaires criminelles les plus sidérantes de notre époque. En effet, cet album raconte surtout une histoire humaine : celle d’une amitié trahie, car confrontée à l’incompréhensible. En 240 planches fort bien maîtrisées, autant graphiquement que narrativement, les auteurs réussissent à nous émouvoir et à nous captiver, en accentuant en images ce témoignage intime du parcours d’un homme qui veut absolument découvrir pourquoi son ami serait devenu un monstre…
Lire la suite...Bang ! n°1 – Hiver 2003
Très ambitieuse, la nouvelle et luxueuse revue trimestrielle – 150 pages en grand format sur papier glacé – éditée conjointement par Beaux arts magazine et les éditions Casterman, pourrait être comparée aux « Cahiers du Cinéma », version Bande Dessinée. Au vu de ce premier numéro au sommaire irréprochable, il nous semble cependant que la volonté éditoriale affichée, par trop orientée vers l’intellectualisme et l’esthétisme et qui fait de Bang ! une revue différente, passionnante et sans nul doute déjà incontournable, la rend aussi quelquefois un peu trop élitiste, voire – osons le qualificatif – ennuyeuse.
Mais convenons en : si ennui il y a, celui ci provient purement des textes – et principalement d’ailleurs du cahier critique proposé en fin de revue (exception faite de la superbe analyse – entièrement lisible pour sa part – que consacre Jean-Pierre Mercier à Jimmy Corrigan de Chris Ware (éditons Delcourt)). Car pour le reste, et nous pensons au sommaire et aux publications graphiques : « Chapeau Bas ! ». L’ensemble reflète avec bonheur la diversité historique, géographique et artistique du neuvième art, proposant d’ailleurs quelques inédits, dont tout lecteur amoureux de BD se délectera, signés de Schuiten, Got (quel plaisir de retrouver enfin le dessinateur du célèbre Baron Noir) & Trondheim, Neaud, Riss, Reiser, Van Hasselt, Seth ou encore Boilet: excusez du peu ! Rappelons cependant à M. Smolderen, rédacteur de la partie « historique » consacrée à Windsor Mc Cay, et par ailleurs scénariste de la vie « en BD » de l’auteur de Little Némo (et nommé à Angoulême pour son opus, second de la série Mc Cay – dessin de Bramati, éditions Delcourt – , dans la courte liste des meilleurs albums de l’année) que Little Sammy Sneeze (alias le Petit Sammy éternue en français) a déjà tout de même fait l’objet d’éditions plus récentes que celle citée de 1906, la dernière datant d’il y a un an à peine (éditons Horay) ! LT







