Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
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Voilà donc la nouvelle série-concept concoctée par le scénariste David Chauvel, réalisée, pour chaque album, par un duo d’auteurs différents : « des récits à haute détention », comme le précise la pub de l’éditeur, présentant huit récits de fiction pure (ou basés sur des faits réels) qui racontent des tentatives d’évasion ! Fort du succès de ses précédentes bonnes idées éditoriales (7, puis Le Casse : des concepts simples qui ont fait leurs preuves), le brillant scénariste s’est entouré de collègues qui, eux aussi, ne sont pas les derniers venus : Sylvain Ricard, Mathieu Gabella, Herik Hanna, Thierry Gloris, Serge Lehman, Olivier Jouvray et Kris.
Et c’est Sylvain Ricard qui s’y colle pour lancer la série, avec l’histoire d’un homme qui va tenter de s’échapper d’un pénitencier isolé, perdu au beau milieu du désert du Maroc, en 1898. Le corse Ange Lucciani a été déporté et enfermé ici pour insubordination et refus d’obéissance… Arrivé sous un soleil de plomb, il est très vite rasé, battu et humilié, histoire d’être mis en conditions. Son caractère bien trempé va non seulement lui attirer les foudres du surveillant de la prison décidé à lui mener la vie dure, mais aussi celles d’une bonne partie de ses nouveaux compagnons d’infortune. Évidemment, face à ces conditions déplorables et souvent inhumaines, notre « héros » ne peut envisager qu’une seule chose : l’évasion…
L’écriture maîtrisée du scénariste de « Kuklos », des « Rêves de Milton », de « Guerres civiles » ou de « Stalingrad Khronika » met en valeur l’horreur des humiliations subies dans ce bagne militaire et la quête nécessaire de liberté et de dignité qui s’en suit : sa narration s’appuyant sur l’inventivité de son imagination plutôt que sur une documentation poussée sur le sujet, celle-ci s’étant avérée plutôt rarissime… Alors, le tatouage d’une moustache utilisé comme marque suprême de rébellion : fiction ou réalité ?
Enfin grâce au dessin réaliste solide d’Olivier Thomas, rehaussé par une chaude mise en couleur de Christophe Araldi, l’ouvrage devient un agréable divertissement qui réussit, justement, à nous faire évader…, du quotidien !
Gilles RATIER
« La Grande évasion » T1 (« Biribi ») par Olivier Thomas et Sylvain Ricard
Éditions Delcourt (14,95 €) – ISBN : 978-2-7560-2381-6











