Dans la série des mythiques personnages de la BD franco-belge vus par des auteurs aux styles différents de ceux de leurs créateurs ou continuateurs, certains s’en dépatouillent manifestement mieux que d’autres. C’est le cas d’un Émile Bravo sur Spirou, mais aussi de Matthieu Bonhomme sur Lucky Luke. Ayant inauguré ce principe il y a tout juste dix ans, le virtuose graphiste revient avec une troisième aventure décalée du célèbre cow-boy qui tire plus vite que son ombre… Après avoir confronté ce dernier aux risques de la mort et de la vie de couple, il fait endosser le rôle du père à notre flegmatique héros au foulard rouge ! Un album au propos écologique, qui réussit à être à la fois réaliste, drôle et émouvant, et qui est superbement dessiné !
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Le début : Ça ne va pas fort pour Oscar Lehmann. Il se sait atteint d’un cancer, aucun espoir de guérison. Alors pour ses derniers mois, ce père de famille tranquille, cet employé consciencieux, a décidé de se prendre en …
Le début : Ça ne va pas fort pour Oscar Lehmann. Il se sait atteint d’un cancer, aucun espoir de guérison. Alors pour ses derniers mois, ce père de famille tranquille, cet employé consciencieux, a décidé de se prendre en main. Oscar en a marre d’être raisonnable. Marre de marcher droit, quitte à envoyer paître les fâcheux qui gravitent autour de lui depuis des années et surtout son père. Comment réagir quand on sait que l’on va mourir ? Voilà une accélération extrême et irréversible du temps.
Notre avis : C’est l’histoire d’un homme raisonnable et raisonné, dominé par la figure paternelle, imposante et flamboyante, qui fait le bilan d’une vie monotone et terne, décide de la prendre à contrepied et se demande si, quitte à partir, il n’y a pas lieu de décider soi-même des modalités de l’issue fatale. C’est aussi l’histoire du temps qui passe, des rendez-vous manqués et somme toute, de la dérision de la vie vécue par habitude. C’est une histoire grave mais profondément humaine, aux nombreux thèmes de réflexion existentialistes. « On est à l’os, au plus près du nerf, de la vie », souligne Christian Durieux, dont on se réjouit du travail en couleur directe et du graphisme à la lourde expressivité, beaucoup plus parlante que les nombreux silences qui habitent cet album interpellant.
Laurent Turpin
« Appelle-moi Ferdinand« , d’Hervé Bourhis, Christian Conty (récit) et Christian Durieux (Dessin), Futuropolis – 16 euros






