C’est le 15 avril 1941 qu’Edgar Jacobs est présenté par son ami d’enfance Jacques Van Melkebeke à Hergé, à l’occasion de la représentation de « Tintin et Milou aux Indes » au théâtre des Galeries, à Bruxelles : une pièce écrite par Hergé et Van Melkebeke. Cette rencontre marque le début d’une longue et fructueuse amitié entre le dessinateur des aventures du déjà célèbre Tintin et l’imposant baryton devenu dessinateur par nécessité. Au fil de cet ouvrage passionnant, Éric Verhoest revient sur les trois décennies au cours desquelles les deux maîtres de la ligne claire se sont livrés à un amical duel. Jacobs, et plus encore Hergé, ont fait l’objet d’une multitude d’ouvrages (1) ; celui-ci est le premier réunissant les destins croisés de ces deux géants de la bande dessinée belge.
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Est-il encore besoin d’évoquer les richesses et la notoriété du festival annuel bdBoum de Blois ?
Certes, ce week-end événementiel s’adresse prioritairement aux bédéphiles ;
pour autant, il touche un public beaucoup plus large. Outre l’animation culturelle que ce festival apporte à la vie blésoise par l’ensemble de ses expositions, rencontres, débats, remises de prix, projections cinématographiques et spectacles en lien avec la BD, il consacre aussi de nombreuses activités aux scolaires. Ainsi à la bibliothèque Abbé-Grégoire les ateliers qui leur sont réservés foisonnent et ne désemplissent pas tant les enfants y trouvent plaisir et découvertes à leur mesure. Saluons ce remarquable travail pédagogique qui inclut pleinement le jeune public à cette manifestation.
Dans la Salle des Expositions de ladite bibliothèque, ce sont encore des élèves que vous rencontrez, mais cette fois issus d’une classe de BTS. Ils vous accueillent et accompagnent votre visite de Fritz Haber, remarquable exposition réalisée en partenariat avec les Rendez-vous de l’Histoire (et déjà commentée par Joël Dubos dans Bbzoom, le 18 octobre dernier : http://bdzoom.com/spip.php?article4008).
Vous retrouvez d’ailleurs des étudiants de cette même classe de BTS du lycée hôtelier et de tourisme de Blois dans chaque lieu d’exposition de la Halle aux grains. Ils commentent, animent ou renseignent.
Ainsi, lorsque vous pénétrez dans l’exposition du hall d’entrée intitulée Lindingre dessine comme un cochon, vous les croisez dans un espace très rose déguisés en bouchers. Quoi de plus symbolique et ludique pour évoquer le monde de Lindingre avec tous ses personnages aux groins de cochons que les présenter affichés dans une boucherie charcuterie?

A l’étage une ambiance bien différente attend le visiteur. Dès l’entrée une musique judicieusement sélectionnée et le choix exclusif du rouge et noir pour les murs et le sol, donnent le ton. On se trouve d’emblée entraîné dans l’univers du roman noir. Les bandes dessinées qui en sont adaptées (dans la collection Rivages/ Casterman/ Noir) n’en sont que mieux mises en valeur.
A chaque œuvre la même présentation : un lutrin qui permet au lecteur de feuilleter la bd concernée, un résumé qui situe le lieu, l’action et les protagonistes, et un nombre de planches variable, en couleur ou en noir et blanc selon les auteurs. Là encore les étudiants ont collaboré en réalisant des constructions en rapport direct avec les histoires. Une belle réussite.

A l’exposition de Marc Hardy Pierre Tombal et autres travaux, on s’engage dans l’humour jamais macabre malgré son titre. Dans la première salle l’espace scénique nous invite à nous recueillir sur des pierres tombales bien particulières, dont la symbolique très ciblée nous indique immédiatement le côté féminin et le côté masculin de la sépulture. Au mur une série qui décrit les aventures de Pierre Tombal, un fossoyeur entretenant des relations très particulières avec les « défunts habitants » de son cimetière. La seconde salle est consacrée aux séries Feux et Arkel dont quelques originaux de couvertures d’albums et de pages de garde sont présentés. Très peu de cartels, c’est dommage.

Le visiteur ne peut évidemment pas quitter la Halle sans s’arrêter aux stands livresques,
qui pour y feuilleter ou acheter des ouvrages inconnus, qui pour y discuter avec les auteurs présents, qui pour une dédicace. Notons que cette année, le festival a vu le nombre de dessinateurs augmenter puisqu’ils étaient 130 à être invités. Un public nombreux les attendait et les « accros » à la dédicace devait faire preuve de patience au vû des files d’attente. Signe incontestable du succès de la 26ème édition d’un festival reconnu pour la pérennité de son sérieux et pour la variété et la richesse de son contenu.
Josy HERMELINE












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