Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
Lire la suite...COMIC BOOK HEBDO n°99 (28/11/2009)
Cette semaine, les X-MEN des sixties !
X-MEN L’INTÉGRALE 1967 (éditions Panini Comics, L’Intégrale).
Je vais rabâcher comme un vieux cognassier, mais quel plaisir, à chaque fois, de pouvoir enfin relire les séries les plus emblématiques – et souvent devenues historiques – des sixties, celles-là même du Silver Age, les belles, les chouettes, les mythiques. Certes, entre un Don Heck et un Neal Adams, un grand pas fut franchi en peu d’années, et même si certains dessinateurs étaient plus malhabiles ou primaires que d’autres, il se dégage de chacune de ces créations un je ne sais quoi d’extrêmement jouissif, au-delà d’une certaine mouvance actuelle se réappropriant le kitsch sans finalement savoir trop quoi en faire, de revisitation vaine en fausse nostalgie mercantile. En lisant les comics de cette époque, une sorte de désuétude moderne se fait jour, de manière terriblement séduisante. Le ton, la narration, les images, les onomatopées… tout est réjouissant. Pourtant, dans le cas présent, on ne peut pas dire que je sois poussé par un fol élan de dithyrambie exacerbée afin de mettre aux nues des dessinateurs tels que Ross Andru, Don Heck, ou même Werner Roth qui a néanmoins quelques belles qualités, parfois. Eh bien je me suis quand même régalé comme un petit fou à lire ces épisodes cocasses, étranges, drôles mais si sérieux, sérieusement drôles, puis pathétiques, dramatiques, fantastiques… Je dirais même plus, le trait de ces dessinateurs est finalement ce qui participe pleinement au charme de ces créations. Mais ne nous égarons point, et sachons toujours jouir de la beauté. Ainsi, se cachent dans cet album quelques surprises et autres coquetteries qui font sourire les yeux s’avèrent épatantes… étonnantes. Rien de nouveau du côté de chez Don et Ross (bouhlala, ça craint vraiment, des fois, hein…), mais par contre on pourra apprécier l’apparition de Jack Sparling dans l’épisode n°30 qu’il envoûte de son trait à la fois précieux et caricatural, réaliste et décalé. Un mélange de Kirby et de Ditko. Intéressant. Mais le vrai coup d’œil sera pour l’épisode 34 (Guerre dans les ténèbres !, dont on préfèrera le titre original : War… in a world of darkness !), dessiné par Dan Adkins. Dommage qu’il n’apparaisse que sur cette seule histoire, car son trait et son style tranchent avec le reste plus convenu. Cela pourrait sembler imperceptible, tellement il semble s’intégrer parfaitement dans le continuum esthétique de l’album. Et pourtant, si l’on y regarde de plus près ne serait-ce qu’une seconde, cela crève les yeux. Beaucoup plus réaliste. Beaucoup plus travaillé. Plus mûr. Certaines cases semblent même faire écho à Steranko et Adams. L’air de rien. Comme ça. Échappant à un survol général de l’album si l’on n’y prend pas garde. C’est là qu’on se rend compte qu’il y a lire et lire, voir et voir, être ou ne pas être, voilà la question. Alors arrêtons de voir. Et regardons. Capito ?
Cecil McKINLEY








