Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
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Créée en 1967, dans les pages de l’hebdomadaire Pilote, la série « Valérian » est considérée, à juste titre, comme l’une des meilleures bandes dessinées de science-fiction du monde !
Il n’y a qu’à voir son influence sur certains grands films du genre comme « Star Wars », « Le Cinquième élément » (auquel le dessinateur de « Valérian », Jean-Claude Mézières, a d’ailleurs participé en créant quelques décors et ses célèbres taxis volants) ou encore le récent « Avatar »… ; sans parler de la multitude de séries bien établies aujourd’hui, comme « Lanfeust » pour ne nommer que la plus connue d’entre elles, qui revendique cette filiation. Non seulement Mézières et Christin ont su faire évoluer la bande dessinée d’anticipation en allant au-delà des territoires habituellement explorés (« Avant « Valérian », une bande dessinée de science-fiction avait existé, mais il n’en restait pas grand-chose quand nous nous sommes lancés », rappelle le scénariste), mais ils ont abordé bien d’autres rivages et d’autres thèmes : « La série emprunte à la comédie sentimentale, à la comédie policière et à l’espionnage. Elle évoque aussi le roman d’apprentissage humaniste : les deux héros doivent résoudre leurs problèmes par leur intelligence, pas en dégommant tout le monde… », observe Pierre Christin. D’autant plus que la série impose un vrai personnage féminin (en la personne de la charmante et obstinée Laureline), alors que la bande dessinée et les romans de science-fiction de l’époque restaient des genres dominés par les hommes !
Et aujourd’hui, avec ce 21ème tome, les auteurs y mettent un point final éblouissant, faisant défiler tous les personnages et les créatures de la saga et revisitant toutes les planètes étonnantes nées de leur imagination fertile ! C’est donc avec nostalgie et avec un petit pincement au cœur que l’on referme cet album car on aurait vraiment aimé lire encore longtemps les aventures de ces agents spatio-temporels : tellement leur univers est riche et cohérent (surtout qu’avec une moyenne d’un volume tous les deux ans, on ne peut pas dire qu’elles aient encombré le marché !). Le graphisme, en apparence classique mais pourtant baroque et merveilleux, enlumine des scénarios forts bien construits qui ont su, en leur temps, prendre fait et cause en faveur du féminisme, du pacifisme et de l’égalité entre les races, bien avant tout le monde…
Depuis 2004, nos deux complices avaient entamé un cycle encore plus novateur (avec l’épisode « Au bord du grand rien« ) où nos héros, devenus simples commerçants spatiaux, étaient en quête d’informations sur la planète Terre disparue, errant au cœur du Grand Rien. Retrouveront-ils enfin leur planète natale et réussiront-ils leur ultime mission avec ce dernier space opera aventureux qui se révèle être une véritable quête des origines, aussi malicieuse que fantaisiste ?
Gilles RATIER
? Valérian et Laureline T.21 : L’OuvreTemps ? par Jean-Claude Mézières et Pierre Christin
Éditions Dargaud (11,50 Euros)







