Dans un monde médiéval fantastique ravagé par la guerre, où le bien et le mal se confondent en absurdités sanglantes, Alastor de Sombregarde est un chevalier maudit, revenu d’entre les morts, grâce à l’intervention d’un maître-gobelin plutôt roublard du nom de Guulghar. Cette anthropomorphe créature, aussi cynique que philosophe, tient en sa main un bâton orné du crâne de son frère Huulghar, lequel continue, malgré tout, de parler et d’exercer la sorcellerie. L’improbable trio traverse champs de bataille et forêts damnées, afin de retrouver la dulcinée du seigneur désabusé… Aurélien Morinière illustre de façon magistrale cette grinçante épopée d’heroic fantasy —tendance Tim Burton —, dont son complice (Olivier Dobremel, alias Dobbs) nous livre de prometteuses prémices tragi-comiques…
Lire la suite...« Deadline » par Christian Rossi et Laurent-Frédéric Bollée
Basé sur des faits réels solidement documentés, sur fond de guerre civile américaine, ce western allégorique, introspectif et contemplatif, est aussi une réflexion sur les obstacles auxquels on se heurte dans son existence et ces barrières qu’on a souvent du mal à franchir : le racisme, l’homosexualité, la lâcheté, le cynisme, les scrupules, la mort… Un scénario vraiment original, en béton, enluminé par le graphisme puissant et tout en couleurs directes d’un spécialiste du genre, dont le talent n’est plus à démontrer…

L’expression « deadline » que l’on utilise abondamment aujourd’hui est née pendant la guerre de Sécession, dans le camp d’Andersonneville. Elle désignait une rambarde qui formait une ligne et délimitait cette gigantesque prison à ciel ouvert où les sudistes parquaient en masse leurs prisonniers nordistes. On tirait sans état d’âme sur tous ceux qui s’en approchaient : une véritable ligne de mort…
Un jeune gardien de dix-sept ans, élevé par un journaliste-imprimeur qui prônait l’abolition de l’esclave dans sa gazette, se retrouve dans le détachement chargé de transférer un groupe de soldats nordistes, dont un grand noir impressionnant qui trouble particulièrement le jeune garçon.
La découverte de son corps sans vie, torturé par ses officiers supérieurs, dont le futur fondateur du Ku-Klux-Klan, le décide à venger cet homme noir dont il ne connaît même pas le nom…
Cette surprenante histoire d’amour improbable se déroulant dans les décors gigantesques et panoramiques de l’Ouest américain confirme l’évidente maturité d’écriture de Laurent-Frédéric Bollée qui, ces derniers temps, multiplie les réussites : « Un long destin de sang » ou « Terra Australis », par exemple, en attendant le prochain « XIII Mystery » dessiné par Steve Cuzor… ; même si son histoire a été remarquablement réappropriée et mise en valeur par le cinématographique style détaillé et nerveux à la fois de son complice graphique Christian Rossi…
Gilles RATIER
« Deadline » par Christian Rossi et Laurent-Frédéric Bollée
Éditions Glénat (18,50 €) – ISBN : 978-2-7234-8946-1












C »est sûr que Monsieur Rossi dessine trés bien. Mais la couleur a tendance à masquer son trait, et la couleur jaune domine… Un peu dommage…