Tout juste auréolées du Prix René Goscinny du jeune scénariste (pour « Les Cheveux d’Édith », également chez Dargaud, mais avec Dawid au dessin), les prolifiques autrices en ouvrages jeunesse ou romans young adult que sont Fabienne Blanchut et Catherine Locandro nous racontent, dans ce qui n’est que leur deuxième bande dessinée, comment, entre silences et non-dits, a basculé la vie de Frédérique, alors qu’elle avait à peine 13 ans. Basé sur leurs trajectoires personnelles, cet attachant et délicat récit intime, somptueusement mis en images par l’Italien Thomas Campi, nous amène en Corse-du-Sud. À l’occasion de vacances en famille, pendant un été bien particulier de 1985, la fillette comprend qu’elle grandit et qu’elle est différente, car elle prend doucement conscience de l’attirance qu’elle développe pour une serveuse du restaurant du village…
Lire la suite...COMIC BOOK HEBDO n°124 (05/06/2010)
Cette semaine, revenons sur l’ultime volume de TRANSMETROPOLITAN paru en VF, une œuvre jouissive et incontournable que nous pouvons donc lire aujourd’hui dans son intégralité.

TRANSMETROPOLITAN vol.6 : UNE DERNIÈRE FOIS (Panini Comics, Vertigo Big Book)
Comme je vous le disais pour Promethea il y a deux semaines, c’est toujours un drôle de sentiment qui nous vient, lorsqu’on accède à la fin d’une série. On ne sait pas si on doit être heureux ou triste… Certes, on peut désormais lire l’intégralité de l’œuvre, mais c’est aussi la fin de l’aventure, de la découverte… Le fameux syndrome des personnages emblématiques repris ou non après la mort de leur auteur… Heureusement, Warren Ellis n’est pas mort, loin de là, et peut-être qu’un jour, sait-on jamais, Spider Jerusalem reviendra nous botter le c.. avec ferveur, car l’humanité aura encore une fois été trop loin…
Transmetropolitan, c’est 60 épisodes parus entre septembre 1997 et novembre 2002, une sorte d’implosion/explosion sortie du cerveau génialement azimuté de ce bon vieux Warren Ellis qui décida un beau jour de mettre les pieds dans le plat. Si Promethea est l’incarnation de l’imagination, Spider Jerusalem est l’incarnation de notre révolte étouffée face à la violence du monde et aux fruits de ce joyau qu’on appelle l’humanité : lâcheté, meurtre, corruption, mensonge, manipulation. Ajoutez-y les médias et la politique, secouez bien le tout, et voilà, vous êtes parés pour le monde, parés à devenir fous. À moins qu’un Spider Jerusalem ne soit dans les parages, l’écume aux lèvres, nous poussant, nous forçant à nous sauver nous-mêmes. Incarnation de la révolte, oui, mais exutoire, non. Ellis est bien plus fin que ça. Bien sûr, il fait du rentre-dedans comme jamais. Mais Transmetropolitan est bien plus un appel au réveil brutal des consciences (appel = coup de pied au cul) qu’un défouloir stérile. Au-delà de la blague, des mots orduriers, de l’outrance, de la méchanceté, de la colère, Ellis pose de vraies questions. Simples. Nécessaires. Brutes. Peu de questions, mais les essentielles. Avec Transmetropolitan, Ellis revient aux fondamentaux. Mais à la punk. Tout le monde en prend pour son grade, lecteur compris – lecteur surtout.
Ce dernier volume est incontournable bien sûr parce qu’il clôt la série, mais aussi parce qu’il contient I Hate it here et Filth of the city, deux recueils d’articles de Spider Jerusalem illustrés par une flopée de dessinateurs, et pas les moindres ! Apparaissent entre autres au casting : Eduardo Risso, John Cassaday, Glenn Fabry, Bryan Talbot, Danijel Zezelj, J.H. Williams III, Chris Weston, Paul Pope, David Lloyd, Bill Sienkiewicz, Alex Maleev, Klaus Janson, Guy Davis, etc., etc., etc. Pas mal, Spider… tu as de sacrés relations… Ces articles illustrés sont une réelle bonne idée, car ils complètent admirablement la bande dessinée en elle-même, et nous permet d’assouvir un fantasme : lire enfin réellement un article de Spider, puis un autre, bref, se mettre dans la peau des lecteurs de la fiction.
Si vous ne connaissez pas encore cette série, vous avez maintenant la possibilité de la découvrir dans son entier, ce qui est une bonne nouvelle. Pour les autres, les accros, comme moi, eh bien il n’y a plus qu’à tout relire, et relire, et relire encore, pour avoir encore notre dose.
Cecil McKINLEY







