Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
Lire la suite...Morne Fête au Ministère
Le ministère de la culture avait ouvert ses salons hier aux professionnels de la bande dessinée, à l’occasion de la Fête de la BD. Au programme un peu terne: longs discours, remise d’une médaille à Tibet et du Prix des libraires de Bande Dessinée à de Crécy.
On l’aura compris, cette année, la Fête de la BD est partout en France. Partout, sauf à Paris où les actions menées restent confidentielles en nombre. Il manque d’ailleurs à la manifestation un grand événement phare qui aurait pu susciter l’engouement populaire recherché à travers un relais médiatique national d’ampleur, peu effectif depuis le début des festivités. Mardi soir, c’était Ministère ! Une soirée qui aurait pu symboliser une grande réunion de famille si de nombreux auteurs avaient jugé bons de se déplacer. Ils n’étaient en réalité qu’une petite poignée : Cestac, Mézières, Bertrand, Dorison, Guarnido, Solé, Malka, Hérenguel et quelques autres qui m’excuseront de ne pas les citer. Le « pauvre » ministre, qui avait dressé de grands tableaux blancs avec des cases dedans, pour laisser aux auteurs la possibilité d’exprimer leur créativité (Quelle idée ?) en sera pour ses frais, rares furent ceux qui y consacrèrent un peu de temps. Parmi ceux-ci, Tibet, auteur d’un superbe Ric Hochet et Kid Ordinn (voir notre photo en cliquant sur l’appareil photo) s’était vu remettre un peu plus tôt la médaille d’Officier des Arts et Lettres par Renaud Donnedieu de Vabres. « Votre « fureur de rire » a toujours un sens, une cible, une insolence, une jeunesse, une vraie liberté, et si les « grands de ce monde » en ont pris pour leur grade dans la Tibetière, qui a fait de vous le Saint-Simon de la bande dessinée, c’est le cœur et la générosité qui percent sous la jubilation de la satire, ce même cœur que vous avez donné à tous vos personnages » avait discouru le ministre de la culture avant de faire l’accolade à l’auteur. Auparavant, Nicolas de Crécy s’était vu remettre le Prix des libraires de Bande dessinée, après que le responsable de l’ALBD (Association des Libraires BD) ait profité de son temps de parole auprès du ministre pour l’inciter, avec humour, à déposer une modification du texte de loi sur l’unicité du Prix du livre ne permettant la remise de 5% que sous forme de carte de fidélité.
Laurent TURPIN






