Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
Lire la suite...« Les Gardiens du Louvre » par Jirō Taniguchi
Après Nicolas de Crécy, Marc-Antoine Mathieu, Yslaire, Christian Durieux, Enki Bilal, Étienne Davodeau et bien d’autres, c’est le célèbre mangaka Jirō Taniguchi (et ses assistants) qui a été sollicité par le Louvre et Futuropolis pour donner sa propre vision du grand musée parisien. Du coup, après « Rohan au Louvre » de Hirohiko Araki en 2010, « Les Gardiens du Louvre » est le deuxième album de cette belle collection qui se lit de droite à gauche : comme un manga !
Pour s’acquitter au mieux de sa mission, l’auteur de « Quartier lointain » y dépêche son double : « L’Homme qui marche » qui, après avoir participé à un salon de bandes dessinées à Barcelone, s’accorde une halte en France pour visiter Paris et cette fameuse institution. Seulement voilà, en proie à un gros rhume et étouffé par la foule, le touriste japonais va vite mélanger rêves et réalité, comme transporté dans une autre dimension, dans d’autres espaces et dans d’autres temps.
Guidé par l’apparition de la Victoire de Samothrace, sorte d’œuvre d’art en chair et en os transformée en gardienne du lieu, il déambule dans un Louvre devenu soudainement désert (il n’y a même plus personne pour contempler le sourire de Monna Lisa…), rencontrant plusieurs figures marquantes et fantomatiques de l’ancienne résidence des rois de France.
S’appuyant sur son admiration pour Corot, dont les œuvres ont été connues relativement tôt au Japon, ou celle d’Asai Chū, peintre nippon formé à l’école occidentale, en passant par l’évocation des tableaux accrochés dans la modeste chambre Van Gogh à Auvers-sur-Oise ou de la mise à l’abri des œuvres avant l’invasion allemande de 1940 par le directeur des Musées nationaux de l’époque Jacques Jaujard, le fiévreux visiteur nous permet une exploration onirique du Louvre, toute en couleurs directes…
Mais aussi une intéressante réflexion sur la vie, l’art et l’amour.
Gilles RATIER
« Les Gardiens du Louvre » par Jirō Taniguchi
Éditions Futuropolis/Louvre éditions (20 €) – ISBN : 978-2-7548-1015-9













Bonjour Gilles
merci pour cette chronique! Juste une petite précision, « Les Gardiens du Louvre » n’est pas le premier manga publié dans la collection du Louvre, il y a eu en 2010 « Rohan au Louvre », de Hirohiko Araki (l’auteur de JoJo’s Bizarre Adventure), également publié en sens de lecture japonais.
A bientôt!
Oulah, oui, merci Élise, je corrige tout de suite. Mince alors, moi qui croyais être parfait ! (rires)…