Dans son nouveau roman graphique, Pascal Rabaté nous transporte dans le Berlin de 1931, à quelques années du désastre, mettant en scène des artistes, des danseuses, des histoires d’amour, des soirées alcoolisées, des copains qui profitent de la vie… Bref : la grande fête. Hélas, cela ne va pas durer : nous, lecteurs, nous savons comment cela va se terminer… En narrateur accompli — tant en bandes dessinées qu’au cinéma —, l’adaptateur d’« Ibicus » et auteur des « Petits Ruisseaux » ou de « La Déconfiture » (1) va justement jouer avec cette longueur d’avance, tout en utilisant un graphisme coloré où il change légèrement son trait habituel, pour installer un malaise qui ne cesse de monter à la lecture de cette « Enfance des ruines » qui n’a pas fini de vous hanter…
Lire la suite...La bande dessinée, c’est de l’art ?
Si la réponse semble évidente aux internautes de BDzoom.com, il n’est pourtant pas toujours facile de le démontrer efficacement à un lectorat peu habitué à se délecter de ce que l’on appelait autrefois — il n’y a encore pas si longtemps — des illustrés, ou à une soi-disant élite qui considère toujours la BD comme un art mineur, restant totalement hermétique à l’idée que certains puissent oser la placer au rang de neuvième ! Le bel ouvrage « Art et BD » de Christophe Quillien (aux éditions Palette…), très bien illustré et bénéficiant d’une préface du regretté critique et historien d’art Pierre Sterckx, permet de répondre aisément à cette question. En effet, il nous permet de prouver que, comme l’art, la bande dessinée sert à ouvrir notre regard sur le monde, à nous faire rêver, à nous inciter à réfléchir…

Habitué aux ouvrages généralistes destinés au grand public, ce qui ne les empêche pas d’être bien documentés, le journaliste à The Good Life et à Air le mag y accumule les exemples de relations entre l’art et la bande dessinée fonctionnant à double sens.
Car si la BD s’inspire de l’art, elle l’influence aussi !
En effet, on ne compte plus les artistes, de Gustave Doré à Wim Delvoye, en passant par Roy Liechtenstein ou Erró, qui lui empruntent ses codes graphiques ou son langage narratif.
Grâce à ce joli petit album de quatre-vingt-dix pages remplies de cases appropriées dues à George Herriman, Winsor McCay, Hergé, Albert Uderzo, André Franquin, Jean Giraud, André Juillard, Jacques Tardi, François Schuiten, Enki Bilal, Lorenzo Mattotti, Joann Sfar, Nicolas de Crécy, Marc-Antoine Mathieu, Katsuhiro Otomo…, le doute n’est plus permis, la BD est bien une discipline artistique à part entière !
Est-ce plus clair monsieur Finkielkraut ?













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