Sans emploi et souvent partisan du moindre effort, Léo vit depuis deux ans chez sa sœur, dans la Nièvre, en attendant de dénicher un boulot. En fait, ce garçon un peu à la dérive n’a qu’un seul rêve : trouver des trésors ! Le souci, c’est que, dans la vallée du Beuvron, ça ne coure pas vraiment les rues. En plus, il s’y prend comme un manche ! Alors, après avoir pratiqué, sans succès, la pêche à l’aimant, il passe à la vitesse supérieure en achetant un détecteur de métaux. Sa frangine, à bout de nerfs, lui donne trois mois pour trouver un travail, sinon elle le vire… Une fois de plus, Duhamel (1) excelle dans la description, sensible et drôle, de ces paumés et petites gens qu’il sait rendre si attachants…
Lire la suite...« Astérix T36 : Le Papyrus de César » par Didier Conrad et Jean-Yves Ferri
Ferri et Conrad au top ! Un récit fluide, truffé de gags qui provoquent l’hilarité, de trouvailles inédites (les pigeons voyageurs, l’horoscope du druide Apollosix, l’otage…), mais aussi de running-gags toujours bienvenus auprès des habitués : les pirates gaffeurs, les scènes de ménage entre Abraracourcix et Bonemine, les éternelles fausses notes d’Assurancetourix…
À Rome, César s’apprête à publier « La Guerre des Gaules » avec l’aide de son conseiller et éditeur : l’éloquent Bonus Promoplus. Ce dernier lui conseille de supprimer le papyrus consacré aux revers subis par les Romains, face aux irréductibles Gaulois d’un petit village d’Armorique : une tache sur son curriculum vitae ! Les scribes numides (« aujourd’hui on dit nègres littéraires ») font le nécessaire et les copies du chapitre incriminé sont saisies. Sauf un papyrus volé par Douplepolémix, colporteur de ragots, correspondant à Rome du Matin de Lutèce. Pourchassé par les hommes de la censure de Promoplus, le journaliste se réfugie dans un village gaulois que nous connaissons bien. La tradition orale prévalant l’écriture chez les Gaulois, Panoramix suggère de partir pour la forêt des Carnutes où vit le druide Archéoptérix qui gravera, pour les générations futures, le contenu du papyrus dans sa mémoire… C’est sur cet argumentaire pour le moins original que va se dérouler cette trente-sixième aventure d’Astérix.
Bien sûr, certains esprits chagrins trouveront toujours le petit détail qui dérange, mais ils seront peu nombreux face à tous ceux qui vont se régaler à la lecture de cet album qui, déjà, en appelle d’autres. On peut, par exemple, trouver la dernière partie du récit un peu longue, mais ne s’agit-il pas de palabres entre Gaulois et Romains ? Et puis, la séquence de bataille orchestrée par un Obélix déchaîné est à elle seule un morceau de bravoure, parfaitement maîtrisé par Didier Conrad. Un Conrad époustouflant qui endosse, sans la moindre fausse note, le costar d’Albert Uderzo : ce qui n’était pas une mince affaire. Uderzo qui a eu la sagesse d’abandonner ses pinceaux sans pour autant laisser ses héros orphelins. Rien à dire sur le scénario de Jean-Yves Ferri : non seulement il a réussi à trouver un excellent sujet que n’aurait pas renié le grand Goscinny (ce qui est de plus en plus compliqué, après 35 albums parus), mais il parvient à faire évoluer, sans créer le moindre désordre, son petit monde, tout en y ajoutant quelques créations savoureuses.
« Astérix T36 : Le Papyrus de César » par Didier Conrad et Jean-Yves Ferri
Éditions Albert René (9,95 €) – ISBN : 978-2864972716












