Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
Lire la suite...« Je suis top ! Liberté, égalité, parité » par Sandrine Revel et Véronique Grisseaux [d’après Blandine Métayer]
Alors que la profession d’auteur de bandes dessinées se féminise de plus en plus, mais que le secteur de la culture et des arts est encore le deuxième plus inégalitaire sur le plan de la parité homme/femme (après l’armée) et que certaines associations gravitant autour du 9e art (à l’instar d’Artémisia dirigée par la bédéaste Chantal Montellier) combattent avec vigueur le sexisme et le machisme encore trop omniprésent dans ce milieu, les éditions Delcourt — par l’entremise de Sophie Chédru, l’une de ses directrices éditoriales – viennent de faire adapter avec brio « Je suis top ! » en bandes dessinées : un spectacle juste, touchant et intelligent de l’actrice Blandine Métayer, lequel dresse le portrait de femmes cadres tentant de se trouver une place dans le monde de l’entreprise et de concilier au mieux carrière et vie privée.
Pour ce faire, les choix judicieux de la scénariste Véronique Grisseaux (dont l’humour grinçant a pu être apprécié par le grand public sur la série télé « Un gars, une fille » pendant huit ans) et de la dessinatrice Sandrine Revel (dont le travail graphique et narratif vient justement d’être récompensé par le prix Artémisia pour son superbe dernier album : « Glenn Gould, une vie à contretemps » chez Dargaud ; voir Il y a de plus en plus de femmes talentueuses dans le 9e art !) ont permis de faire naître une véritable bonne bande dessinée très agréable à lire, car aussi dynamique que didactique.
En effet, loin de se contenter de lancer de simples généralités sur le sexisme et de tomber dans un féminisme exacerbé, cette brillante adaptation restitue tout l’humour grinçant d’une pièce qui tente de faire tomber les clichés et d’éveiller les consciences au sujet des inégalités hommes/femmes dans le monde du travail : ceci avec justesse et sans complaisance.
Du poste d’assistante-photocopies à top manager, l’héroïne, qui vient d’être promue au poste de directrice générale d’une grande société, sera confrontée à nombre d’obstacles et d’injustices, à commencer par l’inégalité salariale au sein d’une même entreprise. Un parcours du combattant (de la combattante, plutôt !), jonché d’anecdotes hilarantes ou de scènes poignantes, fort bien raconté et imagé : un roman graphique au top, qui rend hommage aux femmes, mais qui sait aussi tendre les bras aux hommes !
« Je suis top ! Liberté, égalité, parité » par Sandrine Revel et Véronique Grisseaux [d’après Blandine Métayer]
Éditions Delcourt (15,95 €) – ISBN : 978-2-7560-6920-3













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