Avec sa sensibilité et son trait aussi délicat que maîtrisé, et en seulement une quinzaine de titres — dont certains en plusieurs tomes — réalisés depuis 1999, Cyril Bonin (1) s’est bâti, une solide réputation dans le monde du 9e art : enchaînant les albums émouvants, mais qui nous interpellent également sur la nature humaine. L’histoire de ce Karl, robot dévoué qui va provoquer un accident de la route pour éviter une biche et, en conséquence, le décès de son riche et fantasque banquier de maître, risque de hanter pendant longtemps nos réflexions sur les rapports entre l’homme et la technologie…
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Le début : Ian est un robot. L’androïde le plus perfectionné jamais inventé, doté d’une intelligence artificielle et d’un corps humain parfait. Mais IAN n’est pas parfait, lui. La violence de ses réactions et sa puissance meurtrière incontrôlable ont …
Le début : Ian est un robot. L’androïde le plus perfectionné jamais inventé, doté d’une intelligence artificielle et d’un corps humain parfait. Mais IAN n’est pas parfait, lui. La violence de ses réactions et sa puissance meurtrière incontrôlable ont décidé les têtes pensantes du Pentagone à le supprimer. Problème : IAN a disparu. Recueilli par des clochards, il reste introuvable. Et cette fois, il est décidé à ne plus être le jouet de la volonté des autres. Il n’a qu’un objectif : neutraliser ceux qui dictent au Président des Etats-Unis sa politique répressive …
Notre avis : Pour parler franchement, les débuts de IAN nous avaient laissés un peu de marbre, entre un scénario qui frôlait la caricature des récits d’anticipation autour de l’intelligence artificielle, et une recherche graphique non aboutie de la part d’un Ralph Meyer, à peine sorti de Berceuse Assassine et qui souhaitait faire évoluer son style. Que reste-t-il aujourd’hui de ces premières impressions ? Eh bien, pas grand-chose ! Ce troisième tome, le meilleur de la série à ce jour, est un album remarquable à tous les niveaux. Le virage psychologique amorcé avec La leçon des ténèbres, le précédent tome, se confirme avec réussite. Fabien Vehlmann allie avec aisance et équilibre narratif les scènes d’action et les réflexions autour de l’évolution de notre société et sa tentation totalitaire, du développement des nouvelles technologies et de –allez, osons le- l’avenir de l’humanité. Ralph Meyer est, pour sa part, impressionnant de maturité graphique. Ses découpages sont percutants. Son style réaliste, d’une lisibilité exemplaire, se voit rehaussé par une maîtrise chromatique directe. A notre humble avis, Ian fait aujourd’hui partie des meilleures séries contemporaines.
Laurent Turpin






