Gueule de cuir : un justicier masqué dans un Paris gothique et crépusculaire !

La trilogie de cape et d’épée « Gueule de cuir », inaugurée en janvier 2024, prend fin avec ce troisième album où le rouge domine, comme en témoigne sa couverture. Nous sommes au XVIIe siècle, sous Louis XIII et Richelieu : ce dernier étant, d’ailleurs, l’un des personnages, allié de Gueule de cuir.

Paris affronte les assauts malsains et perfides du Roi des tombes. Ce nécromant s’attaque aux enfants et aux gens du peuple des quartiers populaires, à l’aide d’une drogue et d’une sorte de brouillard rouge. Il semble lié au Zodiaque du diable, pratiquant magie noire et rituels. Gueule de cuir, c’est Jean-Philippe Gagnière : il a succédé à son père dans ce devoir de lutte contre les forces obscures, au service du peuple et du pouvoir en place. Un émule de Batman dans un pays gothique, rouge sang, qui sent le soufre.

Au crépuscule, un brouillard rouge fétide envahit des quartiers de Paris, et le cardinal de Richelieu s’en inquiète, bien entendu. Il demande à son nouvel allié, Gueule de cuir, d’en savoir plus auprès de « la veuve » : une femme mystérieuse et redoutée, qui vient de rejoindre Paris… Masqué — mais pas toujours —, Gagnière-Gueule de cuir, bondissant çà et là, la rencontre, ainsi que d’autres personnages tout aussi troubles.

Pendant ce temps, le Roi des tombes accroît son pouvoir, et vole les reliques de sainte Geneviève : patronne de Paris et rempart cérémoniel et psychologique contre les événements… Tout est en place pour l’affrontement : les flammes des 12 signes, le brouillard qui s’épaissit… L’emprise mortifère du nécromant s’étend. Gueule de cuir livre le combat final, où même la mort réserve des surprises…

Clairement récit de genre, l’album — et sa trilogie — tiennent les promesses initiales : une histoire haute en couleur, vénéneuse, ancrée dans une époque identifiée, mais détournée, et de l’action, du combat ! On n’est pas obligé de tout saisir dans ces mystérieux Zodiaques du diable, triades, et autres, qui épicent le propos. Le duo d’auteurs — Stéphane Créty et Pierre Pevel — respecte les critères du genre de cape et d’épée, en ajoutant une dimension fantasy et un traitement tirant vers les comics.

Le clin d’œil à Batman est assumé, mais habilement détourné, ce qui permet de moderniser à la fois l’histoire et le héros. Tout en restant ancré dans un récit d’époque cependant, ce qui fait pencher le clin d’œil vers « Masquerouge » : la grande série de justiciers masqués du règne de Louis XIII. L’ensemble, jubilatoire et spectaculaire, tient aussi par son dessin d’une belle tenue, à la fois réaliste et un peu américanisé, ses ambiances, ses points de vue variés et saisissants, ainsi que sa mise en couleurs très expressive. C’est donc à une lecture plaisante qu’est invité le lecteur. Il serait étonnant qu’il n’y ait pas de suite, ou que ses auteurs ne brillent pas d’autres feux…

Patrick BOUSTER

« Gueule de cuir T3 : Le Roi des tombes » par Stéphane Créty et Pierre Pevel

Éditions Drakoo (15,90 €) — EAN : 9782382333334

Parution 7 janvier 2026

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