Au Pérou, Maria Reiche a tracé sa ligne…

Nazca ! Les pistes mystérieuses de Nazca, au Pérou, ces pistes tracées dans le désert qui ont alimenté bien des rêveries et des délires (extraterrestres !) ont derrière elle, une femme : une Allemande, Maria Reiche, laquelle a consacré une grande partie de sa vie à les explorer, à les défendre… C’est ce que raconte le superbe « Lady Nazca »…

L’album, précisons-le d’emblée, est librement adapté du script du film devenu, alors que Nicolas Delestret réalisait son travail, le long-métrage éponyme signé Damien Dorsaz sorti sur les écrans fin décembre 2025, de sorte que son adaptation ne doit rien aux images du film. Par exemple, il a tenu à conserver Paul Kosok (l’archéologue américain qui va mettre Maria sur la piste de son destin, en l’employant pour traduire des textes allemands), alors que le film en fait, sous les traits de Guillaume Gallienne, un Français.

Le récit est inspiré de faits réels que Nicolas Delestret met remarquablement en scène pour évoquer cette femme atypique qui s’expatrie au Pérou, en 1932, quand son pays sombre dans le nazisme. Elle occupe alors un poste d’enseignante de mathématiques à Lima. Elle s’installe, fait des connaissances, mais s’ennuie vite, étouffe même, dans ces milieux d’intellectuels expatriés. Maria a besoin d’autre chose ! Certes, elle tombe amoureuse sur place d’Amy, mais cela ne lui suffit pas.

Très vite, elle se passionne pour ces étranges figures dessinées avec des pierres à même le sol et qui ont, semble-t-il, 1 500 ans d’âge. Elle nettoie, mesure, dessine, répertorie, avec obsession, découvrant un vaste réseau de lignes, de formes, de dessins gigantesques !

La vie très rude dans ces déserts les plus arides du monde ne la calme pas. Elle s’adapte ! Mais, très vite, on la dénigre. « Vous savez, dit-elle, j’ai tout entendu. On m’a traitée de sorcière, de folle, d’hystérique, et même de nazie en fuite » ! N’empêche, la connaissance de cette partie pierreuse et dessinée de l’art nazca lui doit tout, car les archéologues s’intéressent, eux, aux poteries, aux ossements, aux tissus, aux bijoux, aux squelettes, bref à ce qui se transporte et qu’on peut exposer dans les musées !

Nicolas Delestret rend cette femme attachante, la suivant de près, la faisant commenter sa vie, ses expériences, de sorte que le lecteur est avec elle, derrière elle, dans ses pas, dans sa tête. Au bilan, même un peu romancée, Maria Reiche, nous épate, surtout quand on sait que des années trente à sa mort, en 1998, au Pérou, elle n’a jamais lâché le morceau !

Didier QUELLA-GUYOT

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Sur L@BD :  https://basenationalelabd.esidoc.fr, et sur Facebook.

« Lady Nazca » par Nicolas Delestret

Éditions Grand Angle (19, 90 €) – EAN : 9782818999219

Parution 7 janvier 2026

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