C’est avec tristesse que nous apprenons la disparition à 59 ans de Clément Oubrerie le 1er mars, victime de la maladie de Charcot. Auteur d’une cinquantaine d’albums en 20 ans d’une trop courte carrière, il était le dessinateur d’« Aya de Yopougon » : une série au succès considérable, traduite en 15 langues. Apprécié de tous, il était un marqueur important de l’expansion du roman graphique qui, peu à peu, a grignoté le territoire de la bande dessinée classique.
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En introduisant le roman noir dans la bande dessinée, les auteurs ont voulu renouveler le thème de la violence. D’abord en abandonnant une des conventions de la bande dessinée d’aventures : le combat à armes égales. La lutte fait place au règlement de comptes.
Le crime devient mécanique, professionnel. Mais l’angoisse tient, plus peut-être qu’ à la violence, au déroulement insolite de l’action. Or, voici qu’on offre dans un album de bandes dessinées, une description assez complaisante du milieu criminel, des losers menés vers un destin tragique. Dès les premières images on est plongé au cœur du sujet. Rien de comparables au drame classique ou l’histoire de mœurs réaliste : des comparses multiples ont entre eux des rapports troubles. Le récit prend un caractère de rêve et le lecteur y cherche en vain la bonne vieille logique d’autrefois. Enfin, la violence dépasse les bornes. Cette cruauté calculée, cette surenchère dans le meurtre s’ajoutent encore à l’insolite. Le but des auteurs retrouver cette vocation qui était celle du film et du roman noirs , créer un malaise spécifique. C’est Asphalte Jungle, Du rififi chez les hommes, un suspense mené par un Jules Dassin, L’affaire Thomas Crown de Norman Jewison. Break Point, un véritable bijou. CM
Break Point de Saimbert et Mutti
Albin Michel. Collection Haute tension.






