Et si un hôtel pouvait exaucer tous vos souhaits ? C’est l’intrigant point de départ de la nouvelle bande dessinée de Gaëlle Geniller, publiée chez Delcourt : un roman graphique de fort belle facture, où le fantastique est au service de l’intime, et qui mêle, en quasiment 180 pages de BD, mystère, fantaisie et sensibilité. L’autrice de « Minuit passé » et du « Jardin, Paris » engage ses lecteurs à franchir le seuil d’un lieu où les apparences pourraient bien être trompeuses. Attendez-vous, alors, à vivre une expérience qui ne ressemble à aucune autre, tant l’abondance visuelle de ce « Bienvenue à l’hôtel inhabituel » va vous inviter à la flânerie, à vous attarder sur les planches et à revenir sur certains détails, en vous laisser guider par la simple curiosité…
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Les amateurs de mythes anciens vont adorer ! Manifestement, en nous contant le destin de deux princesses de l’Égypte de Ramsès III (que l’on considère souvent comme le dernier des pharaons, « avant que ne débute un lent et inexorable déclin », comme le précise Christian Jacq, romancier spécialiste de cette époque, dans sa préface), l’Ukrainien Igor Baranko semble s’être solidement documenté ; même si les égyptologues tatillons y trouveront toujours à redire?
En plein désert, deux des filles que le souverain a eu avec ses concubines favorites tombent dans un piège fomenté par l’épouse en titre et échappent de peu à la mort… Elles se retrouvent dans les ruines d’une ville considérée comme maudite pour avoir été, deux siècles auparavant, la capitale choisie par Akhénaton, pharaon ayant aboli le culte des dieux au profit d’un seul : Aton.

Ce copieux et complexe diptyque, à prendre souvent au second degré au niveau de l’aventure, ballote inlassablement nos deux héroïnes entre conspiration, superstition et magie noire, pendant cent vingt pages où explose surtout la maîtrise du noir et blanc de cet auteur que l’on avait déjà remarqué sur les chamaniques trilogies « La Danse du temps » et « L’Empereur océan ». En effet, son trait noir élégant et puissant (qui nous rappelle un peu celui d’Hugo Pratt ou d’Eduardo Risso) et le soin qu’il apporte aux décors rattrapent, au mieux, les légères déficiences d’une narration peut-être un peu trop confuse et poussive pour que l’on crie au chef-d’œuvre ! Et soyons optimistes, dans la deuxième partie prévue en octobre, tout sera certainement parfait !
Gilles RATIER
? Les Princesses égyptiennes ? première partie par Igor Baranko
Éditions Les Humanoïdes associés (19,95 Euros)








