Trois ans après l’attentat par un mystérieux tueur cagoulé qui a coûté la vie à sa femme, alors qu’il était au fait de sa gloire, le romancier Fred Stone vit à l’écart du monde, dévasté… Néanmoins, son agent le projette à nouveau sur le devant de la scène en exhumant son premier ouvrage — « The Puzzle Game » — qu’il avait pourtant délibérément laissé au fond d’un tiroir à l’époque ! Contraint d’en assurer la promotion, le célèbre écrivain accepte d’aller au festival littéraire de sa ville natale. Il croise alors la route d’une inconnue qui ressemble beaucoup à son amour dramatiquement perdu, mais aussi d’un nouvel agresseur masqué qui le prend en chasse… Le jeu de puzzle ne fait que commencer dans ce haletant polar hitchcockien signé Denys et Herik Hanna !
Lire la suite...Une pionnière orientaliste méconnue…
« Tante Suzanne » – sous-titré « Peintre orientaliste, pionnière des beaux-arts » – est à la fois une évocation familiale, liée à l’auteur Robin Walter, et un parcours artistique au fil des générations d’une même lignée. Au cœur du sujet : Suzanne Drouet-Réveillaud (1885-1970), une artiste oubliée comme c’est souvent le cas dans l’Histoire quand il s’agit des femmes…
Il a suffi d’un tableau récupéré lors d’un échange familial, faute de place ailleurs, pour que Robin Walter cherche à en savoir un peu plus sur son autrice, une femme dont les œuvres étaient disséminées chez les uns ou les autres. Walter se met donc à enquêter sur cette tante à l’évidence exceptionnelle et dont les ascendants ne manquent pas non plus de panache.
Walter contacte sa famille et, au fil des réponses, se construit, se reconstruit, un arbre généalogique d’artistes dans des domaines fort différents : le grand-père de Suzanne, Charles Cordier, sculpteur, dont on découvre notamment le buste étonnant d’un ancien esclave soudanais affranchi ; le fils de Charles Cordier, Henri, également sculpteur renommé…
Mais venons-en Suzanne ! Parallèlement à sa vie familiale et amoureuse, minutieusement reconstituée par l’auteur, c’est évidemment l’artiste qui est au cœur de la narration, notamment la « lente et difficile conquête » pour les femmes d’entrer à l’école des beaux-arts. Suzanne prépare le concours et le réussit.
Après la Première Guerre mondiale, Suzanne a l’opportunité d’une bourse pour un séjour de plusieurs mois en Tunisie, une étape déterminante pour sa peinture : « elle n’a jamais vu une telle lumière » ! Puis, ce sera la Sicile et bientôt le Maroc qu’elle découvre à 37 ans : Fès, notamment. Le coup de foudre ! Les séjours en Afrique du Nord vont dès lors se répéter. Riche de ses « couleurs éclatantes », sa peinture intéresse désormais amateurs, collectionneurs, exposants…
D’autres voyages suivront, notamment au Cameroun et au Mexique, car, comme il est dit « le voyage est l’une des caractéristiques de l’œuvre de Tante Suzanne » avec désormais l’étiquette de « peintre orientaliste », ce qui plait notamment à l’élite coloniale, comme il est précisé en postface. Une galerie de reproductions de ses tableaux achève utilement l’album fort documenté et qui donne effectivement envie de découvrir l’œuvre de Tante Suzanne ; une femme qui, comme tant d’autres, doit sortir de l’oubli…
Didier QUELLA-GUYOT
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« Tante Suzanne » par Robin Walter
Éditions Des ronds dans l’O (28 €) – EAN : 9782374181622
Parution 21 janvier 2026
















