Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
Lire la suite...« Dessinateurs de presse » par Numa Sadoul
Numa Sadoul, fameux interviewer d’Hergé, de Franquin ou de Moebius, avait également initié, dès 2006, une longue série d’entretiens avec les plus notables illustrateurs de presse. Citons ici Cabu, Charb, Pétillon, Siné, Wolinski ou encore Willem, devenu en 2013 – comme chacun sait…- le Grand prix du Festival d’Angoulême. Voici enfin la concrétisation de ce long dessein !
Remis à jour dans le présent ouvrage, le travail de Sadoul trouve enfin son aboutissement, non sans quelques regrets avoués (Plantu n’a jamais répondu) ou impasses (aucun dessinateur de la presse régionaliste). À l’évidence, toutefois, la somme de témoignages et d’anecdotes collectés se révèlent aussi acides que révélatrices de la passion qui anime ce milieu. Ainsi de Willem avouant avoir vendu tous ses bouquins de Wolinski chez les soldeurs quand il a su que ce dernier avait accepté la Légion d’honneur !
La volonté et le stress des auteurs sont ainsi souvent manifestes, surtout lorsque la rédaction recule au dernier moment, celui de la mise en page. Racisme et intégrisme, visions de la femme, du sport ou de la politique, censure et liberté d’expression sont des passages attendus mais délivrés selon une leçon d’humanisme profonde par des auteurs qui vivent sur le terrain les mutations de la presse. Ainsi de Luz déclarant sobrement : « Moins la presse est forte, moins le dessin se justifie, finalement. C’est le premier qui disparaît. ». Sadoul revient par ailleurs sur l’ancienne affaire Siné/Val, débutée en juillet 2008 au sein de Charlie hebdo, polémique (accusation d’antisémitisme envers Siné) dont la Justice lavera définitivement son auteur en 2012.
Retenons de cet ouvrage que le dessinateur satirique, s’il sait se faire moraliste, n’a aucun autre pouvoir que celui de faire rire (parfois jaune…). Placé au cÅ“ur d’une actu qu’il illustre de manière éphémère, du Canard enchaîné à Charlie hebdo, de Siné mensuel à Libération, le dessin de presse n’engage que celui qui accepte d’en mourir de rire en passant l’arme… à gauche, bien sûr.
Philippe TOMBLAINE
« Dessinateurs de presse » par Numa Sadoul
Éditions Glénat (25, 50 €) – ISBN : 978-2344000168










Comment se fait-il que Plantu n’a pas répondu à un projet, devenu ce livre, aussi intéressant? Et puis l’intervieweur n’est pas n’importe qui! Bizarre..