Manu Larcenet nous livre peut-être ici son album le plus personnel, après « Le Combat ordinaire » et « Blast » ! Il nous parle de la mort et de la vieillesse, cherchant à regarder en face ce qui nous échappe : la maladie, la solitude, l’angoisse, les liens que l’on a brisés, le temps qui passe, l’inadaptation à la société… Plus radicalement encore, en se dessinant au bord du vide et en retirant presque tout ce qui pourrait faire écran entre son personnage et le lecteur, il laisse planer cette question qui revient lorsque tout le reste s’effondre : à quoi bon ? « L’Insensé » est un album poétique que certains jugeront parfois inconfortable, mais qui est d’une puissance rare : une œuvre qui refuse les facilités de l’émotion, pour mieux atteindre quelque chose de beaucoup plus profond…
Lire la suite...La Revue dessinée a du nez…
Cette huitième livraison de La Revue dessinée fait preuve d’un étonnant sens de l’actualité : alors que la FIFA connaît des heures difficiles, le trimestriel d’enquêtes et de reportages en BD consacre un long et instructif dossier au sport business.
Et plus particulièrement à Joao Havelange et Horst Dassler propriétaire d’Adidas qui ont régné sur l’institution dès les années 1970 : un récit documenté et édifiant signé François Thomazeau et Nicoby.
Ce même numéro présente une enquête à Bobigny (bastion rouge passé à droite) par Sabrina Kassa et Anne Simon, un récit sur un « Enfant de l’apartheid » par Joe Dog, une étude sur les rapports entre la météo et l’argent par Francis Mizio, Olivier Sarrazin et Christophe Gaultier, la « Confession d’un pasteur » qui a quitté son église par Fap et Pochep, une rencontre avec « Les Lanternes rouges » du Tour de France par Barthélemy Gaillard et Joseph Falzon…
Sans oublier les rubriques habituelles de Pascal Rabaté, Loïc Sécheresse, Hervé Bourhis, Arnaud Le Gouëfflec & Nicolas Moog, Rudy Spiessert, David Vandermeulen & Daniel Casanave, James… Rien de bien réjouissant dans tout ça, mais on n’achète pas La Revue dessinée pour s’amuser.
Henri FILIPPINI
La Revue dessinée n° 8 : 232 pages en noir et blanc et en couleurs, en vente en kiosques et librairies jusqu’au 15 septembre (15 €).















