Kentucky T. McBride, chasseur de primes sans scrupules — mais aussi voleur, tueur, et même shérif improvisé d’une petite ville qu’il vient de braquer — se retrouve suspendu à un pont par une seule une main, l’autre étant occupée à tenir une chèvre. S’il la lâche, il va perdre un million de dollars… Ce western déjanté nous met d’emblée l’eau à bouche, de façon spectaculaire, et il faudra dévorer les 110 pages qui suivent pour savoir comment ce personnage en est arrivé là ! Un très agréable divertissement qui prouve, une fois de plus, que le prolifique et protéiforme scénariste Philippe Pelaez — ici soutenu efficacement par l’amusant trait semi-réaliste du talentueux Sébastien Corbet — jongle habilement avec les genres et excelle dans celui de la comédie !
Lire la suite...Exposition « Ulysse les chants du retour » à Blois…
La bibliothèque Abbé Grégoire de Blois accueille jusqu’au 26 novembre une belle exposition consacrée à l’album de Jean Harambat, « Ulysse les chants du retour », publié chez Actes Sud et récompensé l’an dernier aux Rendez-vous de l’histoire par le prix Château de Cheverny de la bande dessinée historique 2015.

Sylvain Gache, commissaire de l’exposition, secondé par Nelly Bris, François Souvay et Bruno Goujon, nous offre une exposition digne du bel album de Jean Harambat, grâce à une scénographie toute en ambiance, qui sait entraîner le visiteur à la découverte d’une interprétation de l’œuvre d’Homère.
Dès l’entrée, on est aspiré par le paysage d’Ithaque tel que le restitue l’album. On passe ensuite dans un espace consacré au jeu des références culturelles évoqué dans la bande dessinée.
Le cinéma y est convoqué avec une acuité particulière, notamment par l’intermédiaire de l’affiche du film de Mario Camerini — sorti en 1954 et devenu légendaire grâce à l’interprétation d’Ulysse par Kirk Douglas —, mais aussi avec de nombreux extraits de films.
On parcourt pour finir les espaces évoquant le mégaron (la pièce d’apparat et de vie des palais à l’époque d’Homère), qui multiplie les clins d’œil à l’album (foyer, harpe, tables, etc.).
L’un des points forts de l’exposition repose en outre sur les originaux, notamment de magnifiques planches aquarellées, prêtées par Jean Harambat. Où l’on voit évoluer le travail de l’artiste, vers une épure allant à l’essentiel sans rien sacrifier de sa force d’expression.
Enfin, il importe de signaler la volonté manifeste du commissaire de réserver une place de choix aux planches de l’album, qui sont au demeurant parfaitement mises en valeur, de manière sobre, élégante et efficace.
Finalement, Sylvain Gache nous gratifie donc, une nouvelle fois, d’une exposition intimiste, qui sait suggérer sans s’appesantir et évoquer avec discrétion les qualités aussi bien narratives que graphiques de l’album. La scénographie, guidant le visiteur vers plusieurs éléments saillants avec une touche de discrétion, répond ainsi avec subtilité à la finesse du travail de Jean Harambat.
Joël DUBOS













