Dans un monde médiéval fantastique ravagé par la guerre, où le bien et le mal se confondent en absurdités sanglantes, Alastor de Sombregarde est un chevalier maudit, revenu d’entre les morts, grâce à l’intervention d’un maître-gobelin plutôt roublard du nom de Guulghar. Cette anthropomorphe créature, aussi cynique que philosophe, tient en sa main un bâton orné du crâne de son frère Huulghar, lequel continue, malgré tout, de parler et d’exercer la sorcellerie. L’improbable trio traverse champs de bataille et forêts damnées, afin de retrouver la dulcinée du seigneur désabusé… Aurélien Morinière illustre de façon magistrale cette grinçante épopée d’heroic fantasy —tendance Tim Burton —, dont son complice (Olivier Dobremel, alias Dobbs) nous livre de prometteuses prémices tragi-comiques…
Lire la suite...« Les Voyages d’Ulysse » d’Emmanuel Lepage (avec Sophie Michel & René Follet) : Grand Prix de la Critique ACBD 2017 !
Dans « Les Voyages d’Ulysse », édité chez Daniel Maghen, Emmanuel Lepage revisite indirectement « L’Odyssée » d’Homère à travers l’existence tumultueuse d’une jeune femme de la fin du XIXe siècle…
Native de Santorin dans les Cyclades, Salomé a vu son enfance rythmée par les péripéties d’Ulysse, racontées inlassablement par sa mère. Cette dernière, solaire, a particulièrement inspiré un peintre, Ammôn Kasacz. Quelque temps après la mort accidentelle de sa génitrice, l’adolescente fugue, et apprend à ses dépens la dureté du monde. Entière et déterminée, elle deviendra capitaine d’un navire et ira de ville en île sur les traces de Kasacz.
Avec la collaboration, au scénario, de Sophie Michel, Emmanuel Lepage signe une épopée poétique, où s’exprime pleinement son trait à la fois léché et vif. Il réussit des scènes maritimes magnifiques, mêlant avec art vagues, voiles, mouettes et ciels. Ciselés, ses textes ont pour écrins des cases aux coloris élégants et évocateurs. Il n’hésite pas à insérer, ici ou là, des extraits de « L’Odyssée » imprimés sur du papier calque. Pour figurer les tableaux du peintre Ammôn Kasacz, il a fait appel aux talents de René Follet : ce dernier lui a permis d’utiliser ses dessins parus dans « Les Grecs » en 1971 (Dupuis), des esquisses inédites d’un de ses carnets de 1968, et a réalisé de nouvelles illustrations pour les besoins de ce livre — conçu graphiquement par Vincent Odin.
Emmanuel Lepage s’est fait connaître par la série « Névé », publiée avec le scénariste Dieter chez Glénat à partir de 1991. Ont été particulièrement remarqués, ensuite, « La Terre sans mal » (avec Anne Sibran) ou « Muchacho » chez Dupuis. Depuis quelques années, il s’illustre dans une veine plus documentaire, avec « Voyage aux îles de la Désolation », « Un printemps à Tchernobyl », et « La Lune est blanche », chez Futuropolis.
Le Grand Prix de la Critique ACBD a pour ambition de « soutenir et mettre en valeur, dans un esprit de découverte, un livre de bande dessinée, publié en langue française, à forte exigence narrative et graphique, marquant par sa puissance, son originalité, la nouveauté de son propos ou des moyens que l’auteur y déploie. »
L’ACBD compte 88 journalistes et critiques qui parlent régulièrement de bande dessinée dans la presse régionale et nationale écrite, audiovisuelle et numérique. Le Grand Prix de la Critique ACBD 2017 a été choisi parmi les 3 962 nouveaux titres publiés dans l’espace francophone européen (France, Belgique, Suisse) entre le 1er novembre 2015 et le 31 octobre 2016.
Le bureau de l’ACBD
Fabrice PIAULT (Livres Hebdo), Antoine GUILLOT (France Culture), Laurence LE SAUX (Télérama, BoDoï), Laurent TURPIN (bdzoom.com), Anne DOUHAIRE (franceinter.fr), Patrick GAUMER (Dictionnaire mondial de la BD “Larousse”) et Jérôme BRIOT (Zoo)
Pour lire notre chronique, qui était déjà très déjà élogieuse, sur BDzoom.com, cliquez ici : « Les Voyages d’Ulysse » par Emmanuel Lepage, René Follet et Sophie Michel.











On trouve un remarquable commentaire de la nekuia d’Homère dans: Emmanuel d’Hooghvorst, « Le Fil de Pénélope » (Beya Editions) pp. 73 et ss. Je ne sais si cela est susceptible de compléter l’article.