Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
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Voilà l’histoire d’une « transmission » en Baie-James. Mais de quels « héritages » nous parle-t-on, au juste, à propos de cette région du Québec ? C’est évidemment ce qui incite à découvrir ce titre – longuement présenté en quatrième de couverture, ce qui n’est pas inutile du côté européen de l’Atlantique -, tout autant, qu’en le feuilletant, la beauté des dessins de Christian Quesnel…
Il faut remonter au tout début des années 1970, époque où le premier ministre du Québec, Robert Bourassa, annonce un projet pharaonique possiblement créateur de 100 000 emplois : construire, en Baie-James, un vaste complexe hydroélectrique. Rien de moins ! Et il confie le chantier à un certain Paul Desrochers, sur lequel – 50 ans plus tard – se penche sa petite-fille (Annie Desrochers), signataire de l’album.
La curiosité de cette dernière vient de ce qu’on lui a longtemps caché la personnalité et le destin tragique de cet homme qui se consacrait bien plus à son pays qu’à sa famille. Il avait, dit-elle, « érigé un mur entre sa vie privée et sa vie professionnelle ». C’est en reconstruisant cette partie de l’histoire familiale que se dessine, sous ses yeux, une partie de l’histoire même du Québec. Sous ses yeux et celle de ses trois enfants, avec lesquels elle décide d’un road-trip personnel en Baie-James.
Au-delà des choix politico-économiques des années soixante-dix qui ont à l’évidence permis au Québec une évidente autonomie énergétique, l’autrice n’oublie pas de s’intéresser à ceux que ces choix ont gravement lésé : la communauté autochtone Crie (la Cree Nation) et aux combats que celle-ci a dû mener pour défendre ses rivières, ses territoires, et prétendre à des compensations…
L’impact de cette histoire et de ses informations, notamment sur le grand-paternel self-made man, est porté par des planches d’une beauté et d’une originalité qui forcent l’admiration. Christian Quesnel déploie un sens de la couleur et de la mise en page qui oblige le lecteur à se faire spectateur : les paysages traités en couleurs délavées qui se fondent ici et là, arrêtent le regard, notamment par la présence d’une vie animale séduisante, tandis que la représentation des personnages est rarement banale.
Didier QUELLA-GUYOT
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« Transmission : les héritages de la Baie-James » par Christian Quesnel et Annie Desrochers
Éditions Écosociété (25 €) – EAN : 9782898570704
Parution 21 novembre 2025


















Une couverture à tomber…un beau sujet mené par un découpage qui allie la beauté au traitement par trop photographique mais non sans élégance.
On pourrait citer Jean Teule ou Romain Renard.
Évoquer Marc Renier d’(à suivre),Warnauts &Raives…j’y adjoindrai volontiers Dominique Fretet, etoiles filante de Métal hurlant (Pilote !?).
En tout cas, cela pique ma curiosité.