Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
Lire la suite...Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les rapports entre la BD et le numérique…
La savante collection Les Essentiels d’Hermès, chez CNRS éditions, propose, à partir du 25 février, un très recommandable opus qui va vous permettre d’en savoir un peu plus, grâce à plusieurs points de vue historiques, géographiques et sociologiques, sur les outils mis en œuvre aujourd’hui pour une valorisation de la dématérialisation du 9e art : il s’agit de « Bande dessinée et numérique », sous la direction de Pascal Robert.
230 pages divisées en 11 chapitres (accompagnés d’une bibliographie sommaire et d’un glossaire) nous font appréhender le monde de ces BD qui investissent, depuis quelques années, les supports numériques et se développent sur Internet ; ceci tout en nous posant de vraiment bonnes questions : « Le numérique offre des possibilités que n’autorise pas le papier : introduire du mouvement, du son, etc. Mais alors, est-ce encore de la bande dessinée ? À l’inverse, la bande dessinée possède une réelle capacité à investir ces supports et à les reconfigurer selon ses règles… »
On appréciera particulièrement les chapitres sur la « Généalogie de la bande dessinée numérique » et « L’Informatisation du processus de production dans la bande dessinée » dus à Julien Baudry, actuellement conservateur des bibliothèques à l’Université Bordeaux Montaigne et responsable du blog phylacterium.fr, ainsi que les entretiens avec divers acteurs concernés comme le toujours passionnant Marc-Antoine Mathieu, lequel parle avec talent de la création des BD s’apparentant au numérique, ou comme le pertinent Olivier Jouvray qui, confronté quotidiennement à la réalité en tant qu’auteur et enseignant, replace particulièrement bien toutes ces tentatives dans leur contexte : toujours le même antagonisme entre la liberté de la création et la rentabilité économique…
On regrettera juste que ce très utile petit livre, dont l’apparente austérité est contrebalancée par quelques petits dessins amusants signés Martin Guillaumie, n’ait pas été suffisamment relu par de véritables spécialistes du 9e art sur papier.
En effet, même s’il est toujours très difficile de ne pas faire de fautes dans des livres ou des articles aussi spécialisés qui usent de tant de noms de séries ou d’auteurs (on en sait quelque chose à BDzoom.com), des gens comme Thierry Groensteen, Scott McCloud ou Benoît Peeters, dont les pensums semblent être les principaux livres de chevet des auteurs, n’auraient jamais laissé passer, par exemple, un « Crazy Kat » (au lieu de « Krazy Kat ») ou un Windsor Mc Cay (au lieu de Winsor McCay). Ce n’est, certes, pas très grave, mais cela fait un peu tache dans un ouvrage publié dans une si sérieuse collection, censée faire référence.
Gilles RATIER
« Bande dessinée et numérique », sous la direction de Pascal Robert
CNRS éditions (8 €) – ISBN : 978-2-271-08759-1












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Très intéressant… et sûrement nécessaire en ces temps de mutations tous azymuts (lectorat, supports, rentabilité, retour d’un quasi « boycott » médiatique frisant l’indifférence – en opposition totale avec la richesse artistique de la BD et sa (sur?)productivité éditoriale)…
« Les rapports entre la BD et le numérique » : un sujet crucial, dont la portée à long terme est encore imprévisible.
Ca m’interroge même à titre personnel : comment concilier (sans schizophrénie ^^) d’un côté le fait d’être viscéralement attaché au LIVRE, à l’encre, à la sensualité inégalable de l’objet-de-papier… , et d’un autre côté le fait de commenter/chroniquer de temps à autre des albums en version numérique, sur le principal site français (légal !) de lecture en ligne… cautionnant du même coup ce type de diffusion par écran interposé ?!?
Gasp ! Garggllll ! Je m’en étrangle ! Help !