Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
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Après Le Monde, L’Express, Lire, Le Point, Le Figaro…, Marianne est à son tour tenté par la bande dessinée et livre un premier hors-série plutôt réussi, d’autant plus qu’il n’invite pas à marcher sur les traces de héros stars ou de thèmes vendeurs, mais à découvrir le média BD dans son ensemble.
Sous la direction de Myriam Perfetti (critique BD dans cet hebdomadaire, entre autres activités), Renaud Dély (journaliste, directeur de la rédaction et scénariste de BD politique), Mathieu Quitard, Nicolas David, Guy Konopnicki, Alain Léauthier de Marianne et Stéphane Urbajtel de La Charente libre ont construits leurs articles autour du thème « La BD pour tous ! ».
À l’arrivée, la revue réussit un tour d’horizon plutôt complet sur le média, avec un historique du festival d’Angoulême, un article sur le féminisme qui fait peur (?), un entretien croisé entre Riad Sattouf et Émile Bravo, un autre (passionnant) avec Philippe Druillet, un historique trop rapide (quatre pages) sur l’histoire des illustrés, idem pour les comics et les mangas,
un portrait des « casseurs de cases » (L’Association et consort), un bref entretien avec les éditeurs dits historiques (Casterman, Dargaud, Glénat, Delcourt), une évocation du monde des collectionneurs, et autres articles sur le dessin politique, la BD jeunesse…
On ne peut évidemment pas tout traiter en une centaine de pages (dont une vingtaine d’extraits) et il ressort, après lecture, l’impression que, pour les auteurs des articles, le roman graphique est le moteur de la BD, le must, l’avenir. Les portraits (Mazan, Laureline Mattiussi, Nicolas Moog, Lisa Lugrin, Derf Backderf, Merwan, Philippe Squarzoni…) ou le choix des extraits (« Corps sonores » de Julie Maroh, « Homicide » de Philippe Squarzoni… et seulement « Duke » de Hermann) témoignent du parti pris des rédacteurs envers ce créneau plus « journalistique ». La couverture de Riad Sattouf est plus éclectique, puisque les personnages de Tintin (et Milou), Lucky Luke, Mortimer et Astérix y figurent.
Pour résumer, cette première incursion de Marianne dans la bande dessinée ne manque pas de points positifs et son achat est indispensable pour ceux qui s’intéressent à la bande dessinée.
Notons aussi les deux excellents hors-série Polar 2015 et 2016 (beaucoup plus nostalgiques) réunis en un pack, au prix de 10 € (www.marianne.net).
Henri FILIPPINI
Marianne hors-série : « La BD pour tous ! » (7,50 €), vente en kiosques.










