Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
Lire la suite...« Là où naît la brume » par Christophe Gaultier et Christian Perrissin
Retrouver ses racines et sa famille est la raison de très nombreux voyages, dans la réalité comme dans la fiction. Ce n’est donc pas la première bande dessinée à nous inviter à accompagner un personnage en recherche d’un passé disparu, inconnu, qui pousse Josh à se retrouver à Terre-Neuve…
Le moins que l’on puisse dire est que Josh est un personnage peu causant. Quand il prend un auto-stoppeur, c’est pour avoir un peu de compagnie, mais surtout pas de bavardage, d’autant qu’il ne supporte pas les gens à la dérive… qui quelque part lui renvoient son image ! Josh a d’ailleurs la mine renfrognée de l’aigri, l’œil triste du raté, mais pour se retrouver « là où naît la brume », c’est de circonstance…
L’histoire commence par des souvenirs d’enfance traumatisants, sous l’œil d’un paternel à l’éducation autoritaire, voire violente, celle d’un pêcheur rustre et sauvage qui pense faire ainsi de son fils un homme, lequel déteste la mer des terre-neuvas — on peut le comprendre ! —, ce qui ne l’empêchera pas de s’engager dans la Marine. Josh loue une voiture et s‘enfonce au milieu des forêts sombres, croisant les orignaux, destination Corner Brook, puis un trou paumé : Meadows. Quand il a la chance de rencontrer par hasard une infirmière qui tombe sous le charme du beau ténébreux, il se dit « qu’elle lit sur [sa] gueule le vide sidéral de [sa] vie ». Pourtant, Ruthie-Jane s’accroche, tente de le séduire, mais toujours sur la défensive Josh inspire plus la répulsion que l’amour.
Il n’a qu’un but : retrouver son père, mais celui qu’il cherche est-il là où il le cherche ? Et à quoi bon le retrouver ? Pour connaître l’histoire de sa famille, évidemment. Toujours est-il que Josh s’installe en solitaire dans cet environnement en apparence hostile et qui convient bien à son esprit d’un homme qui a peur des autres.
Christophe Gaultier a le dessin qu’il faut pour casser l’ambiance, pourrait-on dire : son graphisme assez figé, au trait épais, aux hachures nombreuses, aux ombres crayonnées ou charbonneuses… consolident ces décors inquiétants. S’il a du mal à dynamiser une automobile ou une vue urbaine, Gaultier réussit haut la main une mer chahutée, une forêt puissante, une falaise répulsive, ce que les couleurs de Marie Galopin accompagnent brillamment, en tonalités et lumières froides.
Alors, bon voyage !
Didier QUELLA-GUYOT ([L@BD-> http://9990045v.esidoc.fr/] et sur Facebook).
http://bdzoom.com/author/didierqg/
« Là où naît la brume » par Christophe Gaultier et Christian Perrissin
Éditions Rue de Sèvres (17 €) – ISBN : 978-2-3698-1100-8










