Avec le somptueux « Nouvelle France », le scénariste Stephen Desberg et le dessinateur Bernard Vrancken mettent en scène une captivante aventure humaine durant les guerres coloniales nord-américaines du XVIIIe siècle. Quand l’histoire rencontre le fait d’hiver…
D’emblée, par son sujet, cet album généreux (riche de quelque 113 planches et 128 pages) convoque le souvenir d’un autre grand récit : celui de Hugo Pratt paru chez Casterman en 1976 : « Fort Wheeling ». Si Pratt jouait de son admirable noir et blanc, Vrancken joue de la couleur avec ce nouvel album : une couleur où prime la valeur dramaturgie, entre noirceur des ombres et blancheur de l’hiver.
Bonheur-Park
Le début : Bonheur-Park, c’est une île merveilleuse où tout le monde est gentil, où l’eau fait invariablement 26°, où la doucette, breuvage généreusement distribué, fait oublier à chacun son stress et ses malheurs. Les « temps radieux » sont en …
Le début : Bonheur-Park, c’est une île merveilleuse où tout le monde est gentil, où l’eau fait invariablement 26°, où la doucette, breuvage généreusement distribué, fait oublier à chacun son stress et ses malheurs. Les « temps radieux » sont en route, avec bonheur obligatoire, programmé par « les plus hautes autorités » et rendu possible par les travaux de Pior Chomsky, créateur des anges gardiens ? « réalités virtuelles » chargées de veiller au bon fonctionnement de ce bonheur. Par ailleurs, le groupe politico-esthétique « Lénine Dada » fait dans le terrorisme sanglant. Et puis les « temps radieux » ne vont pas sans quelques bavures, et Pior Chomsky n’aime pas ce qu’on a fait de ses anges…
Notre avis : Les lecteurs se demandaient s’ils auraient la chance de découvrir un jour la fin de cette passionnante trilogie de politique fiction signée du scénariste Rodolphe et du dessinateur Alain Bignon, et qui, au moment de son décès prématuré, en octobre 2003, avait terminé 40 des 48 planches de l’album. Le désir de Rodolphe et des éditions Dargaud, associé à la solidarité d’une dizaine de dessinateurs, ont permis au projet d’aboutir à ce troisième et ultime volume qui démontre la virtuosité et la rigueur graphique dont avait su faire preuve Alain Bignon dans la réalisation de ce thriller futuriste, qui vous tiendra en haleine jusqu’à la dernière planche. LT






