Retour de l’aventurière sexy et humoristique de Jaap : c’est certainement un coup de Bambou !

En septembre 1990 sortait, aux éditions Glénat, un sympathique album mettant en scène la jolie Bambou : reporter au magazine écologiste Terre des verts. Elle partait au Colombzuela, où un malade mental du béton avait décidé de transformer l’Amazonie en un immense parking ! À l’humour déconnant et loufoque des deux scénaristes — qui se dissimulaient sous les noms de Jane et Unam Grebo — se mêlait le dynamique trait walthéryen d’un certain Jaap. Contre toute attente, 34 ans plus tard, le dessinateur ressort cet incunable, tout en proposant, parallèlement, une nouvelle aventure de cet Indiana Jones au féminin qui se retrouve, cette fois-ci, en pleine préhistoire… et en profite pour se dénuder un peu plus que dans le premier opus !

Lassée des combats écologiques, Miss Bambou joue désormais les apprenties exploratrices dans un coin perdu du Mato Grosso. Elle doit faire face à de redoutables crocodiles et à de dangereux — voire libidineux — pilleurs de tombes, alors qu’elle atteint une cité oubliée où elle découvre un étrange bracelet. L’actionnant involontairement, elle va être happée de notre époque, par un item magique, et se retrouve en pleine période néolithique, en compagnie de l’un des bandits : un Mexicain grassouillet, absolument pas fiable, mais quand même attendrissant, nommé Paco. Dans ce monde préhistorique inconnu — assez bizarre et fantaisiste, car évoluant entre fiction et réalité —, notre belle baroudeuse va devoir d’abord retrouver des vêtements pour se couvrir un minimum, puis un coutelas d’ivoire bien particulier, puisqu’il appartient à un courageux homme blond… sorti tout droit des pages d’un magazine célèbre : le fameux fils des âges farouches ! Vous voyez de qui on veut parler ?

Comme dans le précédent album, humour grivois et aventure débridée, auxquels se rajoute un soupçon d’érotisme aussi coquin que gentil, sont au rendez-vous : les amateurs vont se régaler !

À propos de la réédition de « Pile ou face au Colombnzuela », il faut savoir que les originaux de cette histoire ont été détruits dans l’incendie qui a détruit la maison de Jaap, il y a maintenant trois ans.

Les pages sont donc des scans retravaillés de l’album originel, avec les couleurs de l’époque.

La qualité technique est ainsi légèrement inférieure à celle de la nouvelle aventure de Bambou, mais cette version publiée chez Papelards & Gribouillis (la structure éditoriale de notre dessinateur) propose en plus des pages supplémentaires : illustrations inédites en couleurs et roughs préparatoires de ce qui fut prévu comme la seconde histoire.

En effet, Bruno Bouteville (le véritable nom de Jaap) raconte, dans cette réédition, qu’alors que ce premier opus semblait, lors de sa sortie chez Glénat, satisfaire l’éditeur, un public populaire et, bien entendu, le dessinateur, ce dernier apprend que ses deux scénaristes (certainement trop occupés, à l’époque, à trouver des histoires originales pour un plus rentable cow-boy qui tire plus vite que son ombre, ce qui peut être compréhensible : il faut bien manger !) ont décidé d’abandonner la série.

Se retrouvant devant le fait accompli, Jaap écrit alors un second scénario truffé d’humour et de gags visuels, flirtant avec l’esprit de Tillieux (l’une de ses références) : « La Marée était en noir », où le méchant bétonneur du tome 1 était devenu pollueur des mers.

Sans réponse de son éditeur du moment, à qui il avait proposé son ébauche, Jaap a remanié récemment ce synopsis qui va ainsi devenir le troisième volume à venir de la série : « Marée noire pour dame blanche ».

Pour la petite histoire, les années passant, Jaap a proposé, en 2002, les aventures d’une Bambou nouvelle version à la rédaction des revues Louarnig (en breton) et Plumalhon (en occitan). L’histoire — « Bambou et la dernière prêtresse d’Atlantis » — devenait alors plus fantastique et l’héroïne (au départ en short) était désormais rouquine : les responsables de ces publications ayant aussi demandé à la rhabiller, de diminuer la taille de sa poitrine, d’éviter les positions trop scabreuses… Bref, à la rendre moins sexy !

L’épisode fut quand même réalisé et publié, mais l’auteur n’en est aujourd’hui plus très fier, ayant plus ou moins bâclé la fin, car manifestement plus trop motivé par les décisions éditoriales : mais, là encore, il faut bien vivre ! (2)

Gilles RATIER

(1)  Sur Jaap de Boer voir sur BDzoom.com : Un grimoire bien attirant signé Jaap de Boer !« J’ai embrassé́ une fille » : la renaissance de Jaap de Boer !Inanna, un nouvel éditeur qui aime les super nanas !

(2)  À ce sujet, pour mieux soutenir l’artiste, il vaut mieux lui commander directement ses albums en envoyant un petit mot à jaap@wanadoo.fr ou via l’association Papelards & Gribouillis (papelardsetgribouillis@gmail.com) : nul doute qu’il se fera un plaisir d’y rajouter un p’tit dessin de sa propre main.

« Bambou T2 : Aux temps des âges farouches » par Jaap

Éditions Papelards & Gribouillis (25 €) — EAN : 9 782 9571 3745 9

Parution 9 février 2024

« Bambou T1 : Pile ou face au Colombnzuela » par Jaap

Éditions Papelards & Gribouillis (25 €) — EAN : 9 782 9571 3744 2

Parution 1er octobre 2023

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