Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
Lire la suite...« L’Ange exterminateur » : notre horizon…
La série consacrée à la résistante Madeleine Riffaud s’enrichit d’un quatrième tome attendu : « L’Ange exterminateur ». Un album signé Dominique Bertail, Jean-David Morvan et Madeleine elle-même. « Ce soir, j’attends Madeleine. » Voici son retour : captivant.
Scénarisé par Morvan et Riffaud, dessiné et mis en couleur par Bertail, ce récit tutoyant la centaine de planches débute fin août 1944 à Paris par le meurtre odieux d’une innocente. La fillette tenue dans les bras de sa mère est volontairement tuée par le tir de deux miliciens juchés sur les toits de Paris. Dès lors, Madeleine, alias Rainer, se lance avec les siens dans la traque de ces deux hommes. L’un chute d’un toit et s’écrase au sol, après que Rainer eut tenté de le secourir in extremis. Le second est fusillé à bout portant dans une vespasienne : le groupe de « fifis » de Rainer n’ayant pas trouvé d’autre solution pour le soustraire à la vindicte de la foule.
Suit une seconde scène d’une même longueur — une dizaine de planches —, focalisée sur la rencontre de Rainer avec le colonel Rol-Tanguy (Henri Tanguy, dit Rol-Tanguy), chef de l’insurrection parisienne, dans son quartier général souterrain de Denfert. Le colonel a convoqué Rainer pour lui confier une mission : supprimer au plus vite un cadre de la Résistance, dont le tragique double jeu a été découvert lors de la prise de l’hôtel de ville.
La troisième scène est consacrée à la traque du traître, sa rencontre en banlieue, son guet-apens et son exécution par Rainer et son compagnon Manuel, dans une ruelle sombre. Madeleine devient, ainsi, un « ange exterminateur », expression qui donne son titre à ce quatrième tome. Des textes off accompagnent tout le déroulé de l’action, contextualisant et mettant en perspective les scènes, véhiculant le ressenti de Rainer devant ces « ponctuelles ».
D’autres séries de séquences s’enchaînent : la quatrième sur le repos de la guerrière après sa mission accomplie, la cinquième sur la tenue de la barricade du métro Goncourt par le désormais lieutenant Rainer et la compagnie Saint-Just (son détachement FTP), etc. De séquence en séquence, le lecteur découvre la libération de Paris au travers de l’expérience authentique de Madeleine Riffaud, formidablement mise en scène par Bertail et Morvan.
La générosité du dessinateur sied à merveille à  la représentation de Paris, la sobriété chromatique de ses camaïeux bleutés valorise son trait réaliste extrêmement lisible. Ses personnages sont vivants, ses têtes expressives. Bref, un épatant travail graphique au service même de la narration.
Un cahier documentaire conclut cet addictif récit, évoquant notamment la rencontre de Madeleine avec le couple Éluard : Nusch et Paul. Comme chantait Brel : « Demain, j’attendrai Madeleine… »
Rappelons que Madeleine Riffaud est décédée le 6 novembre 2024.
« Madeleine résistante T4 : L’Ange exterminateur » par Dominique Bertail, Jean-David Morvan et Madeleine Riffaud
Éditions Dupuis (23,75 €) — EAN : 9782808508896




















