Créée le 24 septembre 1970 dans le n° 1963 de Spirou, Yoko Tsuno est toujours présente dans l’hebdomadaire des éditions Dupuis, après 32 aventures et 56 années de vie aventureuse ininterrompue. Fait remarquable : son créateur Roger Leloup demeure le seul maître à bord, alors qu’il a atteint ses 92 ans. Un retour attendu d’une héroïne incontournable que ne manqueront pour rien au monde les amoureux de la charmante électronicienne japonaise.
Lire la suite...Yoko Tsuno dans « L’Intelligence intemporelle » : l’album nostalgique d’un jeune homme de 92 ans !
Créée le 24 septembre 1970 dans le n° 1963 de Spirou, Yoko Tsuno est toujours présente dans l’hebdomadaire des éditions Dupuis, après 32 aventures et 56 années de vie aventureuse ininterrompue. Fait remarquable : son créateur Roger Leloup demeure le seul maître à bord, alors qu’il a atteint ses 92 ans. Un retour attendu d’une héroïne incontournable que ne manqueront pour rien au monde les amoureux de la charmante électronicienne japonaise.
Après avoir fait l’acquisition d’un nouvel engin volant fabriqué à Glasgow par la Scottish Aircraft Company, Yoko Tsuno regagne son cottage écossais de Loch Castel, accompagnée par son amie Emilia. Aussitôt arrivée, la jeune femme abandonne ses amis, afin de partir observer le déplacement des icebergs en Arctique avec son père : Lord Mac Kinley. La paisible soirée de Yoko auprès de ses compagnons Mieke, Bonnie, Pyâ et Rosée est interrompue par l’arrivée inattendue de Khâny et de Poky.
La Vinéenne à la peau bleue lui demande de l’accompagner jusqu’à une mystérieuse navette fantôme venue se placer sur l’orbite lunaire. Surmonté d’un inquiétant désintégrateur géant, l’appareil est équipé d’une intelligence artificielle dont la réactivation possible est dangereuse pour la Terre. Arrivées à bord de l’engin, Khâny et Yoko découvrent une fourmi géante et une cinquantaine d’autres encore endormies, venues d’une autre galaxie. Vestiges biologiques de Vinéa au temps où l’extinction de la planète était imminente, les fourmis étaient utilisées par les ancêtres de Khâny, afin de tester — hélas, sans succès ! — d’autres mondes…
Le scénario, riche en coups de théâtre, permet à Roger Leloup de redonner vie, non sans nostalgie, à des personnages attachants croisés au fil des épisodes : Vic et Pol (les complices des débuts), Syrby, Akina, Myna le sympathique robot… Les nouvelles créations ne sont pourtant pas absentes de ce récit au parfum de cross-over : dont Lepi, l’étonnante fée — papillon.
Fasciné, mais aussi inquiété, par les pouvoirs grandissants de l’intelligence artificielle, Roger Leloup délivre aux humains un message plein de sagesse, en utilisant le thème du voyage temporel.
Toujours aussi habile pour créer des engins époustouflants, il parvient à maîtriser l’aspect de ses personnages qui ont pourtant parfois tendance à voir leurs tailles s’agrandir : mais l’ensemble demeure remarquable pour un jeune homme de 92 ans. On peut cependant regretter le lettrage parfois malhabile tout à fait pardonnable pour un homme de son âge : ce travail aurait peut-être dû être confié à un lettreur, comme le fait Willy Lambil pour ses « Tuniques bleues ». Ne boudons pas notre plaisir, cet album demeure au-dessus de la moyenne et son auteur ne compte pas en rester là, comme il le confie dans Spirou : « Le temps est une thématique qui m’intéresse. Ne serait-ce que parce qu’il passe trop vite ! À 92 ans, je n’étais pas sûr d’avoir le temps de terminer “L’Intelligence in temporelle”. Et pourtant, c’est le cas. Je viens même de démarrer un nouvel album de “Yoko Tsuno”. La vie a été généreuse avec moi… » 
Un tirage limité de luxe en grand format avec une couverture inédite — réalisé en partenariat avec Cultura/Leclerc — est disponible au prix de 39 €, sous le titre « Esquisse d’une œuvre ».
Né le 17 janvier 1933 à Verviers, Roger Leloup assiste Jacques Martin, qui était, alors, un client de son père coiffeur. Il participe à la mise en couleur d’« Alix » tout en assistant le dessinateur Francis (Bertrand) sur « Monsieur Bouchu » pour J2 jeunes ou encore sur « Jacky et Célestin » pour Le Soir jeunesse. Membre du studio Hergé de 1953 à 1969, il contribue entre autres à la création du Carreidas dans « Vol 717 pour Sydney » et à la refonte de « L’Île noire ». À la même époque, il produit des fiches techniques dans Tintin, tout en participant aux décors d’« Alix » et de « Lefranc ». C’est en septembre 1970 qu’il propose dans Spirou les premiers récits complets de « Yoko Tsuno », avec le concours de Maurice Tillieux au scénario. On lui doit aussi deux romans, dont Yoko Tsuno est l’héroïne, publiés aux éditions Casterman. Depuis plus de 55 ans, il se consacre corps et âme à son héroïne qu’il souhaite, comme Hergé pour Tintin, voir disparaître avec lui.
« Yoko Tsuno T32 : Intelligence intemporelle » par Roger Leloup
Éditions Dupuis (12,95 euros) EAN : 9782808514651



















