Louis ramène sa petite famille sur le bord de mer où il avait déjà passé des vacances avec son père, son oncle et sa tante, quand il n’avait que dix ans. Il va même jusqu’à relouer, pour quelques jours, la vieille maison où ils logeaient. En se promenant sur la plage, il se retrouve face à une falaise où une ancienne et menaçante villa en ruine résiste encore. Les souvenirs d’un été des insouciantes seventies lui reviennent immédiatement à l’esprit, alors que ses copains lui racontaient qu’y vivait une sorcière censée savoir parler aux morts… Pour cette convaincante plongée dans un passé qui marqua durablement cet enfant, le délicat scénariste Vincent Zabus s’est adjoint le trop rare Denis Bodart, dont le dessin s’accorde ici parfaitement à l’émotion du récit.
Lire la suite...« Halo Jones » par Ian Gibson et Alan Moore
C’est la rentrée, mais j’espère que vous n’êtes pas passés à côté du « Halo Jones » sorti cet été, puisqu’il s’agit bien de la fameuse série de Moore parue dans « 2000 A.D. » au début des années 80.
Entre ses premières séries cyniques (voire parodiques) et ses créations ultérieures plus adultes et « sérieuses », « Halo Jones » pourrait être considérée comme une œuvre quelque peu charnière d’Alan Moore, empruntant aux deux esprits, oscillant entre farce et tragédie intime. « La Ballade de Halo Jones » nous raconte les aventures d’une jeune femme blasée du 50ème siècle qui décide de prendre sa vie en mains. Difficile de devenir une femme au sein d’un tel contexte cosmique où tout semble être là pour entraver les êtres… Halo Jones va connaître de nombreuses aventures – plus ou moins heureuses, parfois dramatiques – avant d’arriver à une certaine connaissance d’elle-même et de la nature du vivant. Un combat incessant où il faut se défendre parfois malgré soi, la violence revêtant bien des apparences surprenantes… Souvent définie comme l’une des premières œuvres féministes de science-fiction, « La Ballade de Halo Jones » est surtout un cri de révolte unisexe incarné par une femme plus qu’un réel pamphlet féministe… On y retrouve toutes les révoltes de Moore, qu’elles soient sociales, morales, économiques ou géopolitiques… Avec Halo Jones, Moore se détache de ses personnages plus caricaturaux habituels à l’époque (comme D.R. et Quinch) et tend vers le sensible – sans jamais oublier l’outrance. C’est une œuvre plaisante, baroque, contrastée, portée par une héroïne discrète mais déterminée et des intrigues aussi échevelées que graves et lourdes de sens. Le style de Ian Gibson, plutôt rond et gras au départ, acquiert au fil des épisodes de très jolies nuances de traités, notamment dans des hachures et des déliés subtils qui donnent à l’œuvre une dimension réaliste supplémentaire et bienvenue. Dans la seconde moitié de l’ouvrage, il y a parfois de très belles cases qui laissent présager du meilleur pour la suite… et nous fait regretter l’arrêt de la série. Charmante Halo Jones… Les séries made in « 2000 A.D. » que nous proposent les éditions Soleil depuis quelque temps ont certes parfois mal vieilli, mais leur intérêt historique reste intact, ces œuvres de « jeunesse tardive » de Moore étant significatives et révélatrices du parcours de cet immense auteur. Indispensable pour les inconditionnels.
Cecil McKINLEY
« La Ballade de Halo Jones » par Ian Gibson et Alan Moore
Éditions Soleil US Comics (25,00€)









Ping : Des comics et des filles : Catfight ! | The Lesbian Geek