Que voilà un bien bel et ambitieux album — même s’il pourra, peut-être, sembler déconcertant à certains —, mêlant civilisations antiques et science-fiction ! À une époque lointaine, à des millénaires avant notre ère, les hommes tentent de s’organiser dans les premières cités-États de Mésopotamie. Une entité extraterrestre est envoyée sur notre Terre pour retrouver son prédécesseur (qui a disparu en pleine mission) et en profiter pour observer cette curieuse espèce humaine qui est en train de découvrir les croyances en divers dieux. Ainsi, elle apparaît sous la forme d’une prêtresse d’Ishtar : la déesse de l’amour et de la guerre… Avec son graphisme somptueux, l’artiste flamand Simon Spruyt pose un regard aussi futuriste que décalé sur la naissance des mythes fondateurs !
Lire la suite...« Les Petites Victoires » par Yvon Roy
Ce roman graphique est le sensible témoignage d’un auteur québécois confronté à l’autisme de son fils. Aujourd’hui âgé de 12 ans, le jeune garçon est parvenu à prendre le dessus sur ses angoisses, à surmonter son handicap. En cent cinquante pages émouvantes, ce récit retrace aussi le parcours réalisé par un père et par son enfant partis à la découverte l’un de l’autre, allant de petites victoires en petites victoires.
Marc et Chloé filent le parfait amour parfait et la naissance de leur fils Olivier est une grande joie. Bien que profitant de chaque instant passé ensemble durant les deux premières années de sa vie, les parents se rendent bien compte que l’enfant semble en décalage avec le monde qui l’entoure, d’autant plus qu’il ne parle toujours pas. Après avoir subi de nombreux tests, le verdict des spécialistes tombe quelques semaines plus tard : Olivier est autiste. C’est le début d’une période compliquée, entre consultations et tensions familiales. Le couple finit par voler en éclats, mais les deux parents restent quand même soudés autour de leur enfant, faisant de leur mieux, chacun à sa manière, pour aider Olivier à s’épanouir.
Sans jamais tomber dans le pathos ou dans l’excès d’optimisme, et ne se privant pas de quelques touches d’humour, Yvon Roy met surtout l’accent sur la relation que Marc tisse avec son fils. Il explique comment il a essayé de mettre en place des solutions pour aider son petit garçon à sortir de son monde fermé, au-delà des prescriptions médicales. Comment, il a réussi à permettre un meilleur épanouissement à cet inadapté social, petites victoires après petites victoires… Comme le dit justement Régis Loisel dans sa postface : « La plupart du temps, ce sont les pères qui baissent les bras. Et c’est là que l’histoire devient extraordinaire… »
Graphiquement, le travail en noir et blanc de cet auteur, par ailleurs illustrateur de plusieurs contes pour enfant et de l’adaptation en bande dessinée d’« Agaguk » (le roman d’Yves Thériault) – avec Jean-Blaise Djian au scénario -, est assez charmant : son style se situant entre celui du franco-belge et ceux des mangas.
En tout cas, il est très lisible : sa narration est très travaillée et adaptée à un large public qu’on lui souhaite de conquérir…
Gilles RATIER
« Les Petites Victoires » par Yvon Roy













