Tout juste auréolées du Prix René Goscinny du jeune scénariste (pour « Les Cheveux d’Édith », également chez Dargaud, mais avec Dawid au dessin), les prolifiques autrices en ouvrages jeunesse ou romans young adult que sont Fabienne Blanchut et Catherine Locandro nous racontent, dans ce qui n’est que leur deuxième bande dessinée, comment, entre silences et non-dits, a basculé la vie de Frédérique, alors qu’elle avait à peine 13 ans. Basé sur leurs trajectoires personnelles, cet attachant et délicat récit intime, somptueusement mis en images par l’Italien Thomas Campi, nous amène en Corse-du-Sud. À l’occasion de vacances en famille, pendant un été bien particulier de 1985, la fillette comprend qu’elle grandit et qu’elle est différente, car elle prend doucement conscience de l’attirance qu’elle développe pour une serveuse du restaurant du village…
Lire la suite...Quelques jours à vivre… ou pas ?
Le virus qui court-circuite actuellement nos plus belles habitudes et joue les trouble-fêtes avec une délectation sadique a mis en évidence l’impérieuse nécessité d’un milieu médical performant, un milieu qui compte également des unités de soins palliatifs. Il n’y a aucun complot dans le fait que les éditions Delcourt aient réédité début mars ce « Quelques Jours à vivre » : un titre paru en 2017, dont il faut souligner tout l’intérêt et toute l’humanité…
Ces unités sont évidemment peu connues du grand public tant elles inspirent angoisse et peur. Pour les faire découvrir et pour comprendre ce que vivent au quotidien ceux qui y travaillent, les auteurs nous proposent d’y accompagner une jeune infirmière. Débutant dans ce service à nul autre pareil, elle découvre les spécificités de cet univers ainsi que les doutes, les hésitations et les interrogations du personnel soignant.
Cette immersion dans une unité de soins palliatifs ne se lit pas sans émotion. La force des équipes médicales déterminée à soutenir les patients en fin de vie est aussi troublante que méritante. On ne ressort pas indemne d’une telle lecture tant les cas présentés sont forts, déstabilisants. C’est non seulement le rapport à la mort, mais notre rapport à la douleur qui est en jeu (d’où d’utiles précisions sur l’histoire de l’anesthésie).
Bonne idée aussi ces parenthèses qui ponctuent le récit où les auteurs présentent comment d’autres peuples voient la mort, en Indonésie, au Brésil ou comment certains ont voulu en profiter (mediums et charlatans).
Autant le dessin est clair et léger, autant le sujet est grave. Le lire quand on était confiné n’était peut-être pas facile, mais le lire déconfiné… ne l’est pas forcément beaucoup plus !
Didier QUELLA-GUYOT ; http://bdzoom.com/author/DidierQG/
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« Quelques Jours à vivre » par Olivier Perret et Xavier Bettaucourt
Éditions Delcourt (14,95 € ) – EAN : 978-2-413-02799-7










