Après le livre à succès de Giuliano da Empoli qui a résonné de façon saisissante avec l’actualité géopolitique (puisqu’achevé en janvier 2021, soit un an avant l’invasion de l’Ukraine), puis le film réalisé par Olivier Assayas sorti l’an passé — où le célèbre acteur britannique Jude Law interprétait le rôle de Vladimir Poutine —, voici donc la BD ! Et force est de constater qu’elle est réussie : Luc Jacamon (le dessinateur de la série « Le Tueur », sur scénarios de Matz) ayant, notamment, accompli un remarquable travail graphique et d’adaptation… Son Vadim Baranov, ancien théâtreux et producteur de télévision devenu l’éminence grise du controversé président de la Fédération de Russie — d’où son surnom de Mage du Kremlin —, est aussi envoûtant qu’intrigant…
Lire la suite...Découvrir une reine berbère…
La collection des éditions Delcourt consacrée aux Reines de sang et qui compte déjà le destin de quelques femmes d’exception, telles Cléopâtre, Aliénor, Jeanne d’Arc, Constance d’Antioche, Catherine de Médicis et quelques autres, voit arriver la fascinante et quasi-légendaire Kahina…
Le diptyque qui va lui être consacré ne peut échapper ni à l’histoire ni à la légende, car la Kahina reste à ce jour une icône pour les Berbères qui lui accordent des pouvoirs surnaturels de devineresse, ce que l’album ne manque pas d’évoquer. Kahina signifie précisément « prophétesse » en berbère, mais le vrai nom de la reine est Dihya, surnommée également « la reine rouge des Aurès ».
À l’aube du VIIe siècle, les armées omeyyades déferlent sur le Maghreb. Dihya unifiant toutes les tribus berbères et les rassemblant contre l’envahisseur, repoussera durant dix ans les armées arabes. Pas étonnant que le scénario de ce premier volet multiplie les combats acharnés qui opposent ces populations. Dragan Paunovic réalise d’ailleurs, là, de fort belles pages de batailles.
Au cœur du récit, bien évidemment, Kahina : très belle femme au regard perçant qui a pris sans faillir la succession de son père mort au combat et mène les escadrons berbères. Elle fait alliance avec le roi Exarque pour stopper les exactions des armées d’Alexandrie et leur faire perdre Kairouan.
Bien évidemment, un tel personnage a suscité l’intérêt de romanciers et romancières, notamment d’Isaure de Saint-Pierre avec « La Kahina, reine des Aurès », paru en 2011 chez Albin Michel. Mais on n’oubliera pas non plus Antinéa, reine du Hoggar, dans « L’Atlantide » de Pierre Benoit qui, cependant, s’inspirait quant à lui d’une précédente reine Berbère : Tin-Hinan…
Didier QUELLA-GUYOT ; http://bdzoom.com/author/DidierQG/
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« La Kahina, la reine berbère » par Dragan Paunovic et Simons Treins
Éditions Delcourt (14, 95 €) – EAN : 9782413037620
Parution 15 juin 2022













