Avec ce one-shot de fantasy, le duo Clin et Grun signe une aventure fantastique dans un monde antédiluvien aux prémices de l’humanité, portée par un dessin séduisant, dans laquelle un père transmet ses valeurs à son jeune fils.
Lire la suite...« Les Hautes Herbes » : un voyage initiatique…
Avec ce one-shot de fantasy, le duo Clin et Grun signe une aventure fantastique dans un monde antédiluvien aux prémices de l’humanité, portée par un dessin séduisant, dans laquelle un père transmet ses valeurs à son jeune fils.
C’est là l’occasion de découvrir Ludovic Dubois, alias Grun : un dessinateur au talent épanoui. Connu pour « La Conjuration d’Opale » chez Dargaud, puis la série « Métronom’ » chez Glénat et enfin quatre titres scénarisés par Runberg chez Daniel Maghen (la trilogie « Mars » et le one-shot « Space Relic Hunter »), Grun est une belle signature de la scène hexagonale.
Formé à l’École des Beaux-Arts de Bordeaux, cet ancien designer de décors et de personnages en 3D dans le domaine des jeux vidéo a déjà du métier dans ce nouveau domaine. D’emblée, en compulsant l’album, une évidence s’impose : Grun est un dessinateur qui dessine ! Il construit mentalement un dessin réaliste, sans la béquille de sources documentaires. Il en résulte un dessin vivant. Qui aime séduire l’œil aussi. Par sa finesse, sa précision, sa rondeur, son élégance.
Une couleur à l’aquarelle habille ce dessin, lui conférant la joliesse de cette technique traditionnelle, sa légèreté. Séduction, encore. Le choix de la sobriété préside à cette mise en couleur. Alternance chaude et froide : diverses ambiances colorées — jouant par ailleurs de la perspective atmosphérique — surplombent grandement chacune des couleurs locales. D’emblée, le traitement illustratif est attractif pour qui parcourt l’album. Pour autant, par l’absence de fortes teintes sombres, ce mode séducteur demeure en retrait du dessin, lui laissant toute sa lisibilité : qualité capitale pour la narration visuelle.
Par ailleurs, cet album porte sur les fronts baptismaux la Bordelaise Laurine Clin, dont c’est ici le premier scénario. Au civil, la scénariste est l’épouse du dessinateur : la mère de leur fils qui a inspiré l’un des deux protagonistes de l’histoire. Riche de 112 pages(dont 92 planches), ce récit de fantasy et de nature est un voyage initiatique dans un monde imaginaire, focalisé sur la transmission des valeurs.
Dans un monde antédiluvien créé par le grand Kholo, le pouvoir appartient à cinq espèces animales qui, à leur tour, ont créé cinq grandes tribus d’hommes sur ordre de Kholo. Le lecteur suit une famille constituée du père, de la mère et du fils. La mère et son garçon musardent en forêt quand des blocs de pierre se détachent sur eux…
Puis le père et son fils chassent, défendant leur butin contre d’autres prédateurs, laissant deviner la mort de la mère. Cheminant vers la ville de Montelano, le père transmet au fils la mémoire des gestes de survie dans ce monde hostile, les légendes de Kholo que la mère racontait jadis au jeune… : la valeur des mots, encore. Ils arrivent à Montelano autour de laquelle rôdent les ichoromes : un peuple au sang noir issu des ichors, l’une des cinq espères animales…
Bref, de facture parfaite et de lecture agréable, l’album des éditions Daniel Maghen séduira les amateurs du genre comme les amoureux de la belle illustration : pierre angulaire de la galerie dont la maison d’édition est une émanation.
« Les Hautes Herbes » par Grun et Laurine Clin
Éditions Daniel Maghen (21,50 €) — EAN : 9782356742131

















