La publication de ce nouvel album de « Max Fridman », l’une des séries emblématiques de l’Italien Vittorio Giardino (âgé aujourd’hui de 79 ans), est un événement : d’autant plus que son réaliste dessin « ligne claire » est toujours aussi élégant et que son propos humaniste, témoignage d’une époque trouble pour une Europe en plein désarroi, est une fois de plus séduisant et poignant… Après avoir traqué les fascistes à Istamboul ou à Budapest, et pendant la guerre civile espagnole, notre énigmatique et flegmatique agent secret évolue, cette fois-ci, dans l’Autriche — annexée par l’Allemagne nazie — de 1938, pour cet imposant ouvrage composé de deux parties distinctes qui forment un tout passionnant…
Lire la suite...Le retour en pleine forme de Max Fridman : 18 ans après…
La publication de ce nouvel album de « Max Fridman », l’une des séries emblématiques de l’Italien Vittorio Giardino (âgé aujourd’hui de 79 ans), est un événement : d’autant plus que son réaliste dessin « ligne claire » est toujours aussi élégant et que son propos humaniste, témoignage d’une époque trouble pour une Europe en plein désarroi, est une fois de plus séduisant et poignant… Après avoir traqué les fascistes à Istamboul ou à Budapest, et pendant la guerre civile espagnole, notre énigmatique et flegmatique agent secret évolue, cette fois-ci, dans l’Autriche — annexée par l’Allemagne nazie — de 1938, pour cet imposant ouvrage composé de deux parties distinctes qui forment un tout passionnant…
Habitué à réaliser des histoires complexes, très bien documentées et sans dramatisation artificielle, le minutieux et trop rare Vittorio Giardino (1) va cependant prendre son temps pour faire réapparaître, dans ce récit publié 18 ans après sa dernière aventure, l’ex-agent du gouvernement français qu’est Max Fridman… En effet, la première partie se concentre uniquement, en 78 pages, sur les problèmes que rencontre la cultivée famille viennoise du docteur juif Franz Meyer, lorsque les nazis prennent, en toute impunité, le contrôle de la ville.
D’emblée, le décor est donc planté ! À la veille de l’occupation de l’Autriche par les forces allemandes, on sent que la tension monte et que les affrontements sont imminents : libres de leurs actions, les chemises brunes terrorisent déjà les citoyens d’origine juive, avec l’aval de la police.
Franz Meyer est très vite relevé de ses fonctions et ne peut plus exercer dans la clinique publique, tandis que sa fille Myriam est licenciée de la maison d’édition où elle travaille comme rédactrice. Malgré les bonnes relations que cette dernière entretient avec un gradé du régime, la situation empire, car les lois se durcissent et la terreur prend de l’ampleur…
La famille décide aussitôt de quitter Vienne et contacte la cousine germaine de Franz qui habite à Genève, et qui n’est autre que la mère de Max Fridman : lequel a eu, autrefois, une liaison avec Myriam. C’est là que démarre la seconde partie (en 86 pages) où notre héros, fraîchement rentré d’Espagne, n’aura de cesse de mener les Meyer, sains et saufs, en Suisse, alors que le Reich ne délivre plus aucun visa et que les contrôles sont devenus systématiques…
À l’occasion de la parution de cet excellent nouvel épisode, où espionnage, diplomatie et manipulation se confrontent une fois de plus, les éditions Glénat proposent une réédition de l’intégralité de cette série — créée en 1982 pour le mensuel transalpin Orient Express — dans un format proche de celui des romans graphiques : chaque volume étant complété d’un cahier d’illustrations assez conséquent et d’une contextualisation historique due à l’auteur.
Ainsi, dans une version entièrement retraduite et relettrée, le premier opus rassemble les deux premières aventures (« Rhapsodie hongroise » et « La Porte d’Orient ») et le deuxième regroupe le cycle espagnol : « No pasaran », « Rio de sangre » et « Sin ilusión ».
Avec son scénario sous tension, réglé comme une horloge et digne des meilleurs romans d’espionnage de Graham Greene, la saga inédite des « Cousins Meyer », qui aurait dû être le tome 6 de la série, devient donc le troisième : puisqu’il est présenté dans un format similaire à celui de la nouvelle édition des cinq premiers.
À noter que si le dessin et la typographie des deux aventures regroupées dans la première intégrale souffrent un peu de leur réduction au format « roman graphique » (comme pour la reconversion trop étriquée de la série « Jonas Fink » du même auteur chez Casterman), il faut bien reconnaître que ce n’est pas le cas pour les deux autres, où les cases plus grandes sont beaucoup plus lisibles, car le trait y est plus ample.
(1) Pour en savoir sur Vittorio Giardino voir notamment sur BDzoom.com : Vittorio Giardino, « Jonas Fink T2 : Le Libraire de Prague » par Vittorio Giardino, « Sin Ilusion », Plus de lectures du 17 octobre 2005…
« Max Fridman T3 [6] : Hiver 1938 — Les Cousins Meyer » par Vittorio Giardino
Éditions Glénat (25 €) — EAN : 9782344070734


















