Il y a des passages dans la vie qui rendent anxieux toutes les personnes. On ne laissera personne dire que les années collège sont les plus belles de l’adolescence. Elles sont même sujettes à un stress important pour le timide Elliot. L’adolescent matérialise son angoisse sous la forme d’une grosse boule orange sur pattes. Loin de le calmer cette véritable boule d’angoisse accroit la tension intérieure d’Eliott. De quoi être au bord des larmes pour lui et faire rire le lecteur, enchanté par ce récit d’autofiction caustique de ses années collège par Théo Grosjean. Pas de redoublement pour Elliot qui arrive en 3e dans le quatrième volume de la série à succès.
Lire la suite...Une année scolaire toujours difficile pour Elliot même devenu un grand de 3e dans le dernier volume de « Elliot au collège »…
Il y a des passages dans la vie qui rendent anxieux toutes les personnes. On ne laissera personne dire que les années collège sont les plus belles de l’adolescence. Elles sont même sujettes à un stress important pour le timide Elliot. L’adolescent matérialise son angoisse sous la forme d’une grosse boule orange sur pattes. Loin de le calmer cette véritable boule d’angoisse accroit la tension intérieure d’Eliott. De quoi être au bord des larmes pour lui et faire rire le lecteur, enchanté par ce récit d’autofiction caustique de ses années collège par Théo Grosjean. Pas de redoublement pour Elliot qui arrive en 3e dans le quatrième volume de la série à succès.
Elliot est sensible, trop sensible sans aucun doute. Bien que devenu l’un des plus grands du collège, car il entre dans la classe de 3e, il est toujours terriblement angoissé par certaines situations récurrentes dans la cour de récréation. Depuis la 6e, il cohabite avec un ami imaginaire en pire : tout simplement son angoisse matérialisée par une boule à quatre pattes et deux yeux globuleux qui lui a annoncé, dès son entrée au collège, qu’il vient d’entrer dans le monde merveilleux de l’adolescence : « T’es plus en CE 2, là. Tes petits camarades t’ignorent parce que tu as encore une tête de bébé, et puis ils ont sûrement vu que tu avais une étiquette avec ton nom sur ton pull. Le plus simple, c’est que tu attendes que tous les groupes soient formés. Il restera que les têtes de bébé mal habitées. Ensemble, vous formerez le groupe des « sans amis ». Mais au moins tu ne seras plus tout seul. »

Commence alors un dialogue quotidien entre Elliot et son angoisse qu’il est évidemment le seul à voir. Au lieu de le rassurer, cet ami imaginaire renforce son mal-être, car paranoïaque il voit avant le collégien toutes les situations qui vont mettre à mal sa faible confiance en lui : sa présentation au reste de la classe, le fait de s’assoir sur le banc des élèves populaires, d’être trop exposé au milieu de la cour de récréation ou de devoir chanter devant toute la classe en cours de musique.
Heureusement pour Elliot, il réussit à se faire deux amis : le tout aussi timide Hari et la très débrouillarde Aya, laquelle protège les deux garçons du harcèlement de leurs camarades de classe.
Chaque album de la série est consacré à une année scolaire. Dans le quatrième, nous suivons donc les (mes)aventures du timide Elliot en classe de troisième. En pleine crise d’adolescence, le jeune garçon doit gérer des amours débutantes et l’arrivée d’un nouveau caïd dans son école.
Dylan dépasse en bêtise et en violence plus ou moins contenue Bastien : ancien harceleur devenu l’ami d’Elliot. Pour éviter que la situation ne dégénère, Elliot tente d’entrer en contact avec la créature de Dylan, rien de moins qu’un terrifiant et gigantesque dragon. La fin d’année, jusqu’au brevet des collèges, n’est pas de tout repos pour Elliot et ses camarades.
Au fil des 56 pages de l’album, Elliot s’affirme, s’ouvre aux autres (encore un peu plus), mais reste toujours sous la dépendance de sa boule d’angoisse paranoïaque qui accroit, quand elle intervient, son anxiété. Il redoute toujours autant les remarques de ses enseignants, vus comme des êtres malfaisants, et encore plus celles des autres collégiens qui, pense-t-il, ne songent qu’à l’agresser. Finalement, après de nombreux quiproquos, il finit par sortir avec Églantine : une jeune camarade qui voit son ami imaginaire anxiogène, car elle-même est accompagnée par une bestiole similaire.

Dans une planche de préface dessinée dans le premier premier album, Théo Grosjean explicite ce qu’est sa série. Il y développe les jeunes années de son alter-ego de la 6e jusqu’aux années lycées, voire au-delà. Il s’inspire des pires souvenirs de sa scolarité, comme la fois où il a été le dernier à être choisi lors de la formation des équipes de handball en EPS, pour décrire les tourments d’Elliot. Cette autofiction est porté par un humour omniprésent : de quoi tourner en dérision tous les moments traumatisants vécus par le jeune héros.

Né en 1995, Théo Grosjean a déjà publié plusieurs bandes dessinées d’autofiction autour des sentiments et des angoisses de ses alter-ego : les trois volumes de « L’Homme le plus flippé du monde » ou « Le Spectateur » par exemple. Son récit évolue au rythme de planche-gag ou de courtes histoires toujours aiguillées par un humour distancié, grinçant, voire un peu ironique. Le bédéaste maîtrise tout autant le rythme d’une histoire sur près de 60 pages que celui d’une planche-gag.
Son trait stylisé, fluide et finement encré, emprunte à celui de Lewis Trondheim. Il a avoué qu’à l’âge de huit ans, la découverte de « Donjon » (la série de Sfar et Trondheim) a été une révélation qui a vraiment influencé son dessin et sa manière de raconter des histoires. À Théo Grosjean de suivre le chemin tracé par ses glorieux maîtres, car ses premiers albums ont révélé un véritable auteur complet qui maitrise les subtilités de la narration graphique. Un auteur à suivre avec « Elliot » dans le magazine Spirou et dans le prochain album, à la découverte de la classe de seconde et du lycée…
Laurent LESSOUS (L@bd)
« Elliot au collège T4 : Dernier Frisson » par Théo Grosjean
Éditions Dupuis (14,50 €) — EAN : 9782808510288
Parution 5 juin 2026





















