Tout juste auréolées du Prix René Goscinny du jeune scénariste (pour « Les Cheveux d’Édith », également chez Dargaud, mais avec Dawid au dessin), les prolifiques autrices en ouvrages jeunesse ou romans young adult que sont Fabienne Blanchut et Catherine Locandro nous racontent, dans ce qui n’est que leur deuxième bande dessinée, comment, entre silences et non-dits, a basculé la vie de Frédérique, alors qu’elle avait à peine 13 ans. Basé sur leurs trajectoires personnelles, cet attachant et délicat récit intime, somptueusement mis en images par l’Italien Thomas Campi, nous amène en Corse-du-Sud. À l’occasion de vacances en famille, pendant un été bien particulier de 1985, la fillette comprend qu’elle grandit et qu’elle est différente, car elle prend doucement conscience de l’attirance qu’elle développe pour une serveuse du restaurant du village…
Lire la suite...Collection Romantica au Lombard…
Le dessinateur Daniel Casenave et le scénariste David Vandermeulen ne tarissent pas de projets : le dernier en date est une collection rassemblant les grandes figures du romantisme européen mises en bandes dessinées par les deux complices. Du coup, les éditions bruxelloises Le Lombard rééditent, dans un très beau format à l’italienne, leur diptyque « Shelley » (paru en 2012 et 2013 et mettant en scène l’auteure de « Frankenstein ») passé un peu trop inaperçu et proposent sous la même forme – aussi monumentale que magnifique – un très convaincant « Chamisso », en attendant leur prochaine approche de la vie de Gérard de Nerval, déjà en préparation.
Ces récits légèrement décalés et fort bien colorés par Patrice Larcenet racontent, dixit l’éditeur, « la vie d’artistes à la personnalité extraordinaire, via un savant mélange de leurs biographies réelles et de leurs œuvres autobiographiques », ce qui n’empêche pas les malicieux auteurs de donner leur vision personnelle de ces écrivains, de façon fort ludique.
Dans le dossier de presse consacré à cette nouvelle et sympathique collection, Daniel Casenave déclare même que « Il ne faut pas être trop sérieux non plus, d’autant que nos sujets peuvent parfois effrayer ou rebuter certains. Mais l’important, c’est que nous fassions des livres délassants et agréables à lire, non ? Finalement, c’est ce que David et moi n’avons cessé de faire en travaillant ensemble : communiquer notre passion pour la littérature, faire des livres qui sont des portes d’entrées aux grandes œuvres, démontrer que l’histoire, la littérature, ce n’est pas si sacré que cela, que l’on peut les envisager avec une tendresse espiègle et amusée, que c’est ça aussi, aimer l’histoire. »
Pari réussi, en tout cas, car on se passionne d’emblée à la lecture de ces quelque deux cents pages de BD scellées par quelques pages historiques et biographiques, remplies de passions cachées et d’épopées historiques, à l’instar de l’étonnant destin de cet immense naturaliste allemand qu’était Chamisso : certainement l’auteur romantique le plus malchanceux de sa génération, puisque le destin lui infligea une cruelle double nationalité franco-allemande, en pleines guerres napoléoniennes.












