Il y a des expressions qui collent bien au monde du livre : « être à la page », « parler comme un livre » et, notamment, « tourner la page » ; autant dire, clore un chapitre, jusqu’à fermer le livre… de la vie, celle qu’on a feuilletée, pas à pas, page à page. C’est d’autant plus terrible quand c’est d’un écrivain qu’il s’agit : un écrivain à succès qui n’a pas su lire… entre les lignes !
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Belle adaptation du remarquable roman noir situé au cœur des Cévennes de Franck Bouysse !
Franck Bouysse, écrivain corrézien renommé, est un amateur érudit du 9e art depuis longtemps (1). Après avoir commis, avec son talent narratif habituel, le scénario de la BD « Été brûlant à Saint-Allaire » (un scénario original pour Daniel Casanave) (2) et adapté, avec son complice Fabrice Colin, l’un de ses autres drames ruraux (« Glaise ») dessiné par Loïc Godard, il remet aujourd’hui le couvert en réinterprétant lui-même son « Grossir le ciel » pour la bande dessinée. Ce roman sombre — dur et âpre, mais intense et poignant —, récompensé par le prix Polar Michel Lebrun en 2015 et le prix SNCF du polar en 2017, est mis subtilement et sobrement en images par le prometteur Borris : le dessinateur de la BD « Charogne », quant à elle lauréate du prix Quai du polar en 2019.
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Un petit concentré de tendresse signé Zidrou et Monin…
Après deux diptyques d’une série sans personnages récurrents particulièrement réussis (1), le scénariste Zidrou et le dessinateur Arno Monin continuent de mettre en cases le thème de l’adoption en publiant — toujours sous forme d’une comédie mélancolique pour le grand public — un cinquième tome qui peut se lire sans qu’on ait eu connaissance des précédents : un one shot qui privilégie l’émotion, la douceur et la délicatesse (tant dans l’idée et la narration que dans le graphisme), en scénographiant trois jeunes filles qui sont devenues sœurs…, puis orphelines de leur papa adoptif. Une belle histoire familiale écrite avec optimisme, pour nous aider à surmonter, plus facilement, les épreuves que la vie nous fait régulièrement subir…
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« Alix Senator T15 » : de l’Armorique à l’Atlantide !
Imaginer en 2012 le blond Gaulois créé par Jacques Martin (en 1948) dans les pages de Tintin devenir un sénateur quinquagénaire, sous le règne du tout puissant empereur Auguste, était une entreprise audacieuse. Quelques 15 albums plus tard, le pari de Valérie Mangin et de Thierry Démarez est gagné. Les cheveux blonds devenus blancs du jeune Gaulois, jadis au service de César et adopté par le noble Honorus Galla, ne troublent plus grand monde. Cette escale mouvementée en Armorique, teintée d’un soupçon de fantastique, comblera une fois encore plus d’un lecteur de la série originelle.
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Javier, Faustine, Marc et les autres : les « Connexions » de Pierre Jeanneau…
C’est en janvier 2016 que Pierre Jeanneau, scénariste et dessinateur, lança le fanzine titré « Ghost Trail » : le premier chapitre de sa série « Connexions ». Ces petites publications parurent avec régularité et, en octobre 2020, les éditions Tanibis regroupèrent les six premiers numéros sous le titre de « Faux Accords ». Quatre ans après, les six autres chapitres sont regroupés dans un second tome (« Châteaux de sable »), concluant le diptyque de Pierre Jeanneau.
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L’enchanteur Munuera…
Tout le monde a entendu parler de Peter Pan : ce garçon qui ne voulait pas grandir, immortalisé par le dessin animé de Walt Disney (avec Wendy, la fée Clochette, les enfants perdus et le capitaine Crochet). Toutefois, rares sont ceux qui connaissent la fiction « The Little White Bird » (« Le Petit Oiseau blanc ») de l’écrivain écossais James Matthew Barrie, où apparaît pour la première fois, le temps de cinq chapitres de cet ouvrage datant de 1902, ce personnage alors bien différent du Peter Pan en vedette de la pièce éponyme jouée deux ans plus tard et dans le roman « Peter et Wendy » de 1911. Ce sont ces extraits — édités séparément en 1906, dans le livre « Peter Pan in Kensington Gardens » (« Peter Pan dans les jardins de Kensington »), illustré par l’artiste-peintre Arthur Rackham — dont le talentueux dessinateur espagnol José-Luis Munuera s’est inspiré pour cette étonnante adaptation libre…
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« La Tigresse bretonne » : l’histoire vraie de Jeanne de Belleville…
Aujourd’hui, les auteurs de bandes dessinées privilégient les récits contemporains, dont la documentation se limite, souvent, à des décors qui nous sont habituels. Ce n’est pas le cas de Roger Seiter et Frédéric Blier, lesquels optent pour une bande dessinée historique, réaliste, riche en décors, costumes et combats épiques. Ce one-shot passionnant évoque les grandes heures de la vie de la noble Jeanne de Belleville,devenue femme pirate, afin de venger la décapitation — sur ordre royal — de son noble époux. Baptisée la Tigresse bretonne, cette émule de Barbe-Rouge est considérée par les historiens comme la première femme pirate.
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Un beau et intime road-movie, par l’autrice de « Celle qui parle »…
Deux ans après son remarqué récit historique « Celle qui parle » (qui évoquait la figure controversée de La Malinche, laquelle joua un grand rôle dans la colonisation de l’Amérique par Cortez) (1), la talentueuse Alicia Jaraba — devenue maman, entretemps — nous revient avec une jolie invitation au voyage intitulée simplement « Loin » : un road-movie intimiste et moderne, sur fond de van aménagé et de plongée sous-marine… On ne l’attendait pas vraiment dans ce registre assez délicat où se soulèvent des questionnements sur la vie à deux et l’amour, mais, en tout cas, elle a une fois de plus réussi son coup !
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« Vesper » : l’apocalypse est proche !
Entre heroic-fantasy et aventure épique, Jérémy propose avec « Vesper » une série inclassable : peuplée d’une multitude de personnages évoluant dans un monde en perdition. Voici que paraît le quatrième et ultime chapitre de cette saga,proposée par un maître de la bande dessinée classique. Dans cet univers fantastique se côtoient chevaliers, princesses, sorcières, félons et autres démons évoluant dans des décors fabuleux, au bestiaire et à la nature foisonnants : une excellente entrée en matière pour aborder cette riche rentrée BD.
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Dans « Pizzica Pizzica », son premier album, Solène Rebière démontre sa maturité graphique et narrative !
Née en 1993, Solène Rebière s’est formée, dès sa plus tendre enfance, aux arts plastiques (notamment la gravure à l’eau-forte et la peinture à l’huile) auprès de plasticiens, de graveurs… ou de dessinateurs de bandes dessinées, comme Emmanuel Lepage ou Christian Rossi, sans intégrer aucune école artistique : ce qui ne l’empêche pas, aujourd’hui, de donner des cours de dessin… « Pizzica Pizzica » est donc son premier album de BD ! Elle y décrit l’oppression subie par une jeune femme de la part d’un habile manipulateur, tout en évoquant le monde de ces danses traditionnelles qu’elle pratique assidûment… et c’est particulièrement réussi et envoûtant !
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Les meilleures récentes séries d’aventures de Bonelli traduites chez Altercomics…
Bonne nouvelle pour les amateurs de bandes dessinées populaires italiennes en noir et blanc (les fumetti), l’éditeur Altercomics, diffusé par MDS (Dargaud, Dupuis, Le Lombard, Kana…) publient désormais, à raison d’un tome tous les deux mois, la traduction de quatre séries issues du célèbre catalogue de Sergio Bonelli, dont l’excellente « Julia » par Luca Vannini et Giancarlo Berardi : enquêtes, mystères, vengeances et exotismes sont au programme…
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« Monsieur Pinpon » revient grâce au dessinateur Stanislas !
Dessinateur aujourd’hui tombé dans l’oubli, Mars (pseudonyme de Marcel Foulque, 1892–1965) créa pour la revue Jours de France le personnage de Monsieur Pinpon. Les aventures de ce drôle de petit bonhomme, souvent accompagné de son petit chien — qui n’eut jamais de nom —, se déroulèrent dans un strip hebdomadaire invariablement composé de trois cases, et ce, de 1956 à 1965. Stanislas (Stanislas Barthélémy, de son nom complet), l’un des sept cofondateurs de L’Association, rend hommage à cette création aux éditions Les Rêveurs.
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Un voyage en terre inconnue, là-haut…
Après un bel album — « Alexandra David-Néel », publié en 2016 (1) —, le duo d’auteurs Christian Perrissin et Boro Pavlovic revient au Tibet à travers l’exploration entreprise par deux frères, à partir de 1939. L’aîné, François de la Grézère, tient son journal en tapant sur sa machine à écrire, et son récit rythme finalement tout ce voyage, forcément initiatique. Il va rencontrer Alexandra David-Néel et lui demander des conseils pour aborder ce pays et ce peuple si différents. Gabriel, le puîné, est plus rêveur que François, plus imprévisible et quelque peu fragile : au point de tomber malade en cours de voyage. Ils rencontreront, avant la frontière, les derniers militaires chinois en avant-poste, de paisibles Tibétains et enfin le pays golok et son mont sacré, l’Amnye Machen. Un album qui s’épanouit lentement, comme le fait cette exploration dans l’inconnu, sans esbroufe, visant l’authenticité et la sobriété.
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Un champion olympique à la sauce Smudja !
En cette année où les Jeux olympiques sont quasiment devenus une préoccupation nationale, l’édition de bande dessinée s’intéresse évidemment aussi de très près à cette manifestation sportive qui aura lieu prochainement à Paris et qui a ce pouvoir de rassembler les peuples. Au milieu des nombreuses publications bédéesques, souvent didactiques, abordant le sujet, ne ratez pas l’album qui rend hommage au quadruple champion olympique des J.O. de Berlin (lequel provoqua à la fois Hitler et l’Amérique conservatrice en 1936) : l’Afro-Américain Jesse Owens. Le virtuose dessinateur serbe Gradimir Smudja nous présente, avec son habituel talent narratif onirique et caricatural, l’histoire de ce destin unique dans une époque marquée par la violence raciale…
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