BD de la semaine

« Le Vent des cimes » par Éric Buche et Christian Perrissin

En s’inspirant, en partie, de l’exploit réalisé par Henri Guillaumet, pionnier de l’aéropostale qui, en 1930, s’écrasa dans les montagnes d’Amérique du Sud à la suite d’une tempête de neige, et qui réussit à survivre après cinq jours de marche harassante, le scénariste Christian Perrissin (« El Niño », « Martha Jane Cannary », « Kongo »…) nous livre une bouleversante histoire d’amour, enluminée par le trait élégant et souple d’Éric Buche : le style du dessinateur de « Franky Snow » collant très bien au propos, car il s’éloigne légèrement du parti pris délibérément cartoon qu’il a plutôt l’habitude d’utiliser sur sa série phare.

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« Exil » par Jean-Marie Minguez et Henri Fabuel, Prix Mélouah-Moliterni 2013 du Festival BD d’Aubenas

Francisco Parilla Almenara est espagnol, mais vit en France, à Perpignan. En cette période de Noël, la neige qui tombe le replonge dans les souvenirs douloureux de l’année 1936 quand, chassé par le putsch des nationalistes, il avait dû quitter précipitamment son village d’Andalousie ainsi que femme et enfants. Il va s’ensuivre une longue errance sur les routes d’Espagne, marquée par la peur, les rencontres, l’espoir et les désillusions. Pour ceux qui rêvaient d’une République juste et solidaire, le rêve s’est terminé tristement dans un poste frontière des Pyrénées, où les autorités françaises les traitèrent comme des prisonniers…

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« Ardalén – Vent de mémoires » par Miguelanxo Prado

Le vent est voyageur. Il n’y a pas plus voyageur que lui, surtout quand il vient de la mer, ce qui est le cas de l’Ardalén qui souffle parait-il sur les côtes de Galice. Certains disent qu’il vient d’Amérique. On le croit volontiers dans ce village perdu d’Espagne où vit le vieux Fidel dont la mémoire est défaillante, incertaine, bref infidèle… comme le vent !

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« Dent d’ours » T1 (« Max ») par Alain Henriet et Yann

Que voilà un début de série d’aventures brillant, mêlant avec justesse action, émotion et espionnage…
Aux origines était « Buck Danny », série d’aviation bien connue dont le prolifique et talentueux scénariste Yann voulait raconter la jeunesse du héros. Ayant particulièrement apprécié l’aspect technique de l’encrage très « années cinquante » – particulièrement sur les véhicules et les personnages – d’Alain Henriet sur «Damoclès », un excellent thriller écrit par Joël Callède chez Dupuis, il contacte ce dessinateur pour illustrer son projet d’histoire d’aviation.

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« Le Démon du soir ou la ménopause héroïque » par Florence Cestac

Impératrice du « gros nez » en BD, Florence Cestac met une nouvelle fois en scène son anti-héroïne Noémie, comme à chaque décennie. En effet, après les constatations adultères de la quarantaine dans le « Démon de midi » et les interrogations philosophiques de la cinquantaine, sa presque sexagénaire un brin angoissée retrouve ici une énergie que l’on aurait pu croire inespérée, alors qu’on lui annonce un possible cancer du sein.

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« Les Temps mauvais » par Carlos Giménez

Après « Paracuellos », « Barrio » et « Les Professionnels, le dessinateur ibérique Carlos Giménez boucle, avec « Les Temps mauvais », ses chroniques sensibles de l’Espagne sous la dictature franquiste. Il en profite alors pour nous livrer, pendant deux cent vingt pages, un remarquable réquisitoire contre la guerre, parsemé de touches d’humour et d’émotion.

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« Canicule » par Baru [d’après Jean Vautrin]

Décidément, les adaptations de romans en bande dessinée proposées ces derniers temps sont assez remarquables. Après le « Millenium » vu par Homs et Runberg ou « L‘Étranger » version Ferrandez, cette mise en images musclée par Baru d’un des premiers polars de Jean Vautrin (alors qu’il signait de son vrai nom, Jean Herman, des scénarios de films) vaut également le détour !

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« L’Étranger » par Jacques Ferrandez [d'après Albert Camus]

Après s’être rôdé sur une nouvelle d’Albert Camus moins connue (« L’Hôte », chez le même éditeur), Jacques Ferrandez s’est attaqué au chef-d’œuvre de cet écrivain français, né en Algérie, qui fut aussi un journaliste militant engagé dans la Résistance et dans les combats moraux de l’après-guerre. Paru en 1942, traduit en quarante langues et adapté au cinéma par Luchino Visconti (avec Marcello Mastroianni dans le rôle de Meursault), « L’Étranger » est certainement le roman le plus populaire de cet humaniste spécialiste de son pays natal, qui s’insurgeait aussi bien contre les inégalités qui frappaient les musulmans d’Afrique du Nord que contre la caricature du pied-noir exploiteur…

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« L’Entrevue » par Manuele Fior

Auréolé par un Fauve d’or du meilleur album au festival d’Angoulême, en 2011, pour son touchant « Cinq mille kilomètres par seconde » aux éditions Atrabile, l’Italien Manuele Fior (qui vit désormais à Paris) arrive, une nouvelle fois, à nous convaincre avec un dessin simple, au fusain, et une narration très efficace, où tout est suggéré plutôt que montré. Ceci est d’autant moins facile avec le sujet abordé : une espèce de rencontre du troisième type désabusée qui se transforme en véritable histoire d’amour !

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« Les Pieds bandés » par Li Kunwu

Les éditions Kana viennent de publier « Les Pieds bandés », deuxième album traduit en français du dessinateur chinois, Li Kunwu. Nous avons pu le découvrir en France avec « Une vie chinoise », une autobiographie de 700 pages publiée en trois tomes en 2009 et 2010. Ce récit passionnant en noir et blanc, à travers l’histoire d’un enfant puis d’un homme, raconte aussi la grande Histoire, celle de la Chine devenue maoïste et qui, dans les décennies suivantes, passe progressivement à l’économie de marché, quand la carte de crédit supplante la carte du parti …

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« Millenium » T1 (« Les Hommes qui n’aimaient pas les femmes » première partie) par José Homs et Sylvain Runberg

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le défi était osé : mettre en bande dessinée le célèbre polar implacable du romancier suédois Stieg Larsson revenait à se faire traiter, au minimum, d’opportuniste : vu le succès mondial obtenu par les trois parties de ce thriller (plus de cinquante millions d’exemplaires vendus du roman), qui a même fait l’objet d’une adaptation au cinéma, d’abord en Suède, puis aux États-Unis pour le premier volet, avec Daniel Craig dans le rôle de Blomkvist. Mais vous pouvez vous y plonger sans appréhension, cette adaptation est plus que réussie…

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« Last Man » par Mickaël Sanlaville, Balak et Bastien Vivès

Bastien Vivès est entré dans le cercle fermé des grands auteurs de BD avec « Polina » (Grand Prix de la Critique 2012 – ACBD) : un pavé de 200 pages en noir et blanc, au trait fin et dépouillé. Très éloigné de ce qui se faisait alors en franco-belge, il a su imposer son style novateur grâce à une maîtrise, exceptionnelle, du mouvement. Ses personnages construits très simplement explosent dans la page. Ils volent, virevoltent, se meuvent avec une élégance qui subjugue le lecteur. Dans « Last Man », ce n’est plus de la danse, mais du combat. Et là encore, la chorégraphie semble tirée à quatre épingles.

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« Julius Corentin Acquefacques » T6 (« « Le Décalage ») par Marc-Antoine Mathieu

Déjà, une histoire qui commence sur la couverture, ce n’est pas courant. Si, en plus, elle enchaîne directement sur le deuxième chapitre où on constate que le héros est ailleurs, mais pas dans le livre, et qu’au beau milieu du bouquin six pages sont totalement déchirées, avouez qu’il y a de quoi surprendre le lecteur de bande dessinée lambda ! D’autant plus qu’on ne connaîtra le début de l’histoire, qu’à la fin du livre…

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