Mythiques Mirages de l’escadrille des Cigognes, guerre froide, menace nucléaire, espions venus du froid… furent — dès les premiers épisodes de la série née dans Pilote en 1959 — les ingrédients récurrents des aventures de Michel Tanguy et de l’inénarrable Ernest Laverdure. Et cela s’est poursuivi tout au long des années 1960. Depuis 2016, le fameux duo est de retour, dans son jus, avec une série de diptyques passionnants qui auraient eu leur place dans Pilote, au temps lointain de son âge d’or. Voici la conclusion mouvementée d’un quatrième diptyque signé par un duo d’auteurs talentueux, lequel a repris, sans avoir à en rougir, les héros imaginés par les immenses Jean-Michel Charlier et Albert Uderzo.
Lire la suite...Découvrir une reine berbère…
La collection des éditions Delcourt consacrée aux Reines de sang et qui compte déjà le destin de quelques femmes d’exception, telles Cléopâtre, Aliénor, Jeanne d’Arc, Constance d’Antioche, Catherine de Médicis et quelques autres, voit arriver la fascinante et quasi-légendaire Kahina…
Le diptyque qui va lui être consacré ne peut échapper ni à l’histoire ni à la légende, car la Kahina reste à ce jour une icône pour les Berbères qui lui accordent des pouvoirs surnaturels de devineresse, ce que l’album ne manque pas d’évoquer. Kahina signifie précisément « prophétesse » en berbère, mais le vrai nom de la reine est Dihya, surnommée également « la reine rouge des Aurès ».
À l’aube du VIIe siècle, les armées omeyyades déferlent sur le Maghreb. Dihya unifiant toutes les tribus berbères et les rassemblant contre l’envahisseur, repoussera durant dix ans les armées arabes. Pas étonnant que le scénario de ce premier volet multiplie les combats acharnés qui opposent ces populations. Dragan Paunovic réalise d’ailleurs, là , de fort belles pages de batailles.
Au cœur du récit, bien évidemment, Kahina : très belle femme au regard perçant qui a pris sans faillir la succession de son père mort au combat et mène les escadrons berbères. Elle fait alliance avec le roi Exarque pour stopper les exactions des armées d’Alexandrie et leur faire perdre Kairouan.
Bien évidemment, un tel personnage a suscité l’intérêt de romanciers et romancières, notamment d’Isaure de Saint-Pierre avec « La Kahina, reine des Aurès », paru en 2011 chez Albin Michel. Mais on n’oubliera pas non plus Antinéa, reine du Hoggar, dans « L’Atlantide » de Pierre Benoit qui, cependant, s’inspirait quant à lui d’une précédente reine Berbère : Tin-Hinan…
Didier QUELLA-GUYOTÂ ; http://bdzoom.com/author/DidierQG/
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« La Kahina, la reine berbère » par Dragan Paunovic et Simons Treins
Éditions Delcourt (14, 95 €) – EAN : 9782413037620
Parution 15 juin 2022














