Écrite en 1887, la nouvelle « Le Horla » (de Guy de Maupassant) n’en finit pas de hanter ses lecteurs. Il faut dire que son héros est de plus en plus inquiet de ce qui se passe autour de lui : des manifestations, plus que troublantes, qui semblent prouver l’existence d’un être insidieux prenant le pas sur sa propre vie. Le narrateur est-il fou, est-il possédé ? C’est tout le sujet…
Lire la suite...Drôle de cinéma balnéaire !
« Saudade » : le titre fait évidemment référence au genre musical propre aux îles du Cap-Vert et à Cesaria Evora. D’ailleurs, l’histoire pourrait s’y situer : les prénoms sont d’inspiration portugaise, le nom du cinéma et celui de la banque également…
L’enjeu est effectivement une histoire de cinéma et de cinéphiles, d’art et d’essai même, puisque Alma et Rio sont les propriétaires de cette salle où ils tentent de faire découvrir de bons réalisateurs et des films mémorables. Avec eux, une ouvreuse, Luz, et Scardo le barman amoureux de Luz.
Mais pas facile de faire vivre cette salle quand on est en fin de saison touristique et que gravitent autour d’eux bien des gens peu estimables ! Préparer la rétrospective pour les 50 ans du film « Saudade » était déjà chose compliquée, quand tout vire au drame à cause de malfrats qui braquent la banque locale ; sans parler des flics totalement véreux qui sont dans le coup !
Jusque-là, ça ne concerne pas Alma et Rio, sauf que, dans sa fuite, l’un des gangsters, après moultes péripéties, décide de planquer l’argent dans le cinéma. Alors tout se complique ! Les pilleurs de banque règlent des comptes entre eux et les innocents cinéphiles se retrouvent piégés de multiples façons…
Vincent Turhan use d’un trait presque expéditif, mais incroyablement efficace et réalise des planches incroyablement survoltées, surtout dans les scènes d’action qui se multiplient au fil du récit. Avec « Les Étoiles s’éteignent à l’aube » (chez le même éditeur en 2022), Turhan nous avait déjà impressionné. Il adaptait alors le roman anglais éponyme de Richard Wagamese : l’histoire touchante d’une relation père-fils qui se jouait, se nouait sous nos yeux. Déjà, Turhan savait jouer de la couleur, notamment pour paysages.
Didier QUELLA-GUYOT
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« Saudade » par Vincent Turhan
Éditions Sarbacane (25 €) – EAN ; 9791040802464
Parution 3 septembre 2025















