C’est lors d’une convention de comics à Dallas que le jeune auteur Steve Niles, déjà auréolé du succès de la série « 30 Jours de nuit », rencontra l’une de ses idoles de jeunesse : le dessinateur Bernie Wrightson. Lors de leur discussion, les deux hommes se rendirent compte qu’ils étaient presque voisins dans l’immense Los Angeles. Au fil de rendez-vous quasiment hebdomadaires, une forte amitié se lia entre le jeune scénariste et le dessinateur confirmé. C’est Bernie Wrightson qui proposa le premier à Steve Niles de travailler ensemble. Cette collaboration donna lieu à plusieurs histoires d’épouvante, dont trois publiées à l’origine chez IDW Publishing, puis compilées sous le titre « The Monstrous Collection of Steve Niles and Bernie Wrightson ». Cette anthologie est maintenant traduite par Komics Initiative dans le recueil « Macabres ».
Lire la suite...Steve Niles et Bernie Wrightson : deux auteurs « Macabres »…
C’est lors d’une convention de comics à Dallas que le jeune auteur Steve Niles, déjà auréolé du succès de la série « 30 Jours de nuit », rencontra l’une de ses idoles de jeunesse : le dessinateur Bernie Wrightson. Lors de leur discussion, les deux hommes se rendirent compte qu’ils étaient presque voisins dans l’immense Los Angeles. Au fil de rendez-vous quasiment hebdomadaires, une forte amitié se lia entre le jeune scénariste et le dessinateur confirmé. C’est Bernie Wrightson qui proposa le premier à Steve Niles de travailler ensemble. Cette collaboration donna lieu à plusieurs histoires d’épouvante, dont trois publiées à l’origine chez IDW Publishing, puis compilées sous le titre « The Monstrous Collection of Steve Niles and Bernie Wrightson ». Cette anthologie est maintenant traduite par Komics Initiative dans le recueil « Macabres ».
La première histoire, publiée de mai à septembre 2008, soit un an après « City of Others » (la première collaboration entre Steve Niles et Bernie Wrightson pour l’éditeur Dark Horse), s’intitule « Dead, She Said ».
Paul Coogan, un détective privé, est le protagoniste de ce chapitre. Il se réveille un matin dans un état curieux. Habitué des gueules de bois… mais, cette fois-ci, ce n’est pas pareil. Poisseux, il se sent incroyablement raide. Au prix d’intenses efforts, il arrive enfin à bouger et se rend compte qu’il baigne dans du sang. Lorsque ses intestins s’échappent d’une plaie, Paul Coogan doit se rendre à l’évidence : il est bien mort. Mis à part une odeur de plus en plus persistante et un début de décomposition, le privé décide de mener l’enquête sur son propre meurtre…
« The Ghoul » (le second chapitre de « Macabres ») fut publié aux États-Unis de novembre 2009 à mars 2010. La nuit, sur un tarmac de Burbank. Le lieutenant-détective Lloyd Klimp de la police de Los Angeles est sur « une affaire qui fris[e] les limites de la réalité ». Klimp attend donc un collègue du FBSI (Bureau fédéral d’investigation du surnaturel), une légende dans le milieu des enquêteurs : la Goule. Lorsque ce dernier descend de l’avion, Klimp comprend le surnom de l’agent : un géant de plus de deux mètres tout en muscles. Le duo se penchera alors sur le cas d’une lignée d’actrices au physique bizarrement semblable à travers les années, mais seulement après avoir éradiqué quelques démons…
« Doc Macabre » est le dernier chapitre du recueil : il a connu une publication américaine de décembre 2010 à février 2011. Le héros de ce récit agit au grand jour contre les forces du surnaturel, son nom : Doc Macabre. Ce jeune scientifique est une sorte de Géo Trouvetou, spécialisé dans l’éradication de fantômes, morts-vivants et autres spectres. Il est secondé par Lloyd : un robot de sa création. Peut-être un parent éloigné de Filament ? Doc Macabre a pignon sur rue : tout un chacun peut le contacter pour un problème de poltergeist et, depuis quelque temps, il est sollicité pour des cas de maisons nouvellement hantées après un changement de propriétaire…
Steve Niles et Bernie Wrightson s’en donnent à cœur joie dans cet univers effroyablement drôle et cohérent où les différents personnages se croisent. Les auteurs avaient d’ailleurs en projet une grande aventure avec Paul Coogan, la Goule et Doc Macabre intitulée « The Moorpark Rejects » : un projet qui ne put voir le jour, mais subsiste au travers d’un dessin préparatoire devenu la couverture américaine de « The Monstrous Collection of Steve Niles and Bernie Wrightson » et de l’édition courante de « Macabres ». La traduction est due à Marc Duveau, un historien de la bande dessinée américaine, collaborateur régulier de Komics Initiative. Marc Duveau a aussi écrit une passionnante et érudite biographie de Bernie Wrightson pour cet album.
La version collector de « Macabres », plus grande, comprend un entretien avec Steve Niles, « Ain’t She Sweet? » — l’une des premières histoires de Bernie Wrightson — et la reprise des 16 illustrations du livre à colorier « The Monsters, Color the Creature Book ».
Le travail entre les deux auteurs est une collaboration belle et touchante entre deux générations : entre Bernie Wrightson, le pionnier des histoires d’horreurs publiées dans Eerie, Creepy… et Steve Niles, qui découvrit ces récits plus tard. Il a été marqué (comme toute une génération) par la lecture du Frankenstein illustré par Bernie Wrightson et, près de 30 ans après, ils imaginèrent ensemble une suite au roman de Mary Shelley : « Frankenstein, le monstre est vivant ».
Les courtes histoires de « Macabres » sont dans la lignée directe de Warren Publishing. Steve Niles utilise parfaitement les ficelles de ce genre d’histoires courtes et percutantes, peuplées de créatures diverses et incroyables, s’accordant au style organique de Bernie Wrightson ou en intégrant certaines autres en fonctions de ses envies précises de dessinateur.
« Macabres » nous donne à lire un inédit et plaisant chapitre de l’œuvre de Bernie Wrightson. Komics Initiative devrait continuer ce travail de découverte, en proposant prochainement une campagne participative pour l’intégrale de « The Complete Web of Horror », regroupant l’ensemble des récits du magazine d’horreur créé par Clark Dimond et Terry Bisson et auquel participèrent entre autres Jeff Jones, Michael Kaluta et… Bernie Wrightson.
Brigh BARBER
(1) Ce dessin de Laurent Lefeuvre a été réalisé pour une trading card cadeau aux souscripteurs de « Macabres ». Sur notre site, Laurent Lefeuvre avait rendu hommage à Bernie Wrightson au moment de sa disparition. Les trading cards sont des cartes à collectionner, l’équivalent aux États-Unis de nos stickers Panini. Bernie Wrightson en avait produit trois séries.
« Macabres » par Bernie Wrightson et Steve Niles
Éditions Komics Initiative (32,00 €) — EAN : 9782386030413
Parution 16 avril 2026
Éditions Komics Initiative (90,00 €) — EAN : 9782386030826 (pour l’édition collector, uniquement disponible sur le site de l’éditeur)
Parution 16 avril 2026




















