On est à Verone. Non, pas en Italie, mais dans la Wyoming, d’ailleurs là-bas c’est Verona ! C’est une ville où il fait bon vivre, c’est en tout cas ce que prétend le panneau qui souhaite la bienvenue à ceux qui y entrent. Dans la réalité, c’est plus compliqué, notamment dans le lotissement où voisinent deux familles que tout oppose…
Lire la suite...Ça décoiffe terrible dans « American Caper » !
On est à Verone. Non, pas en Italie, mais dans la Wyoming, d’ailleurs là-bas c’est Verona ! C’est une ville où il fait bon vivre, c’est en tout cas ce que prétend le panneau qui souhaite la bienvenue à ceux qui y entrent. Dans la réalité, c’est plus compliqué, notamment dans le lotissement où voisinent deux familles que tout oppose…
D’un côté, ce sont les Hamilton. Le père, William, est avocat, soumis à un cabinet qui n’est pas très regardant sur les magouilles de ses puissants clients et qui lui confie de sales besognes, vraiment sales ! Avec sa femme, rien ne va plus : elle est devenue complètement parano, complotiste, raciste, antivaccin, anti-écologistes… La totale, quoi ! Et elle passe ses journées sur les réseaux à échanger avec des gens du même acabit, « à consommer de la haine en ligne » comme dit son mari ! Et avec ses deux adolescents, qu’il ne comprend pas, c’est pas la gloire, non plus !
L’autre famille compte six enfants, élevés dans la foi mormone. Leur bonheur apparent donne la nausée à William, mais là aussi, ça déraille ! Orson Charmers travaille pour un promoteur immobilier et l’argent coule à flots : Orson, prêt à tout pour servir son Dieu – et son patron qui le tyrannise – dérape sacrément !
Pour en revenir à William, pour fuir la réalité, il s’est adonné aux jeux : ce qui n’arrange rien, financièrement ! En outre, gros problème, la femme d’Orson, Eliza, est très belle et William n’a de cesse que de la reluquer. Mais ce n’est pas tout, – et c’est là que tout commence -, une camionnette pleine de migrants clandestins est venue s’encastrer dans la clôture de leurs maisons.
Bref, d’un côté comme d’autre, les vies virent aux cauchemars et les « héros » de cette histoire nourrissent par leurs errances professionnelles et mentales un univers déjanté, décalé, violent, toxique en un mot.
Comme l’explique le scénariste, Dan Houser, « American Caper est basé sur ma fascination de toujours pour les hypocrites, les sociopathes, les idiots politiques, les familles dysfonctionnelles et la violence. Sombre, moralement ambigu, très vulgaire et, on l’espère aussi un peu drôle, c’est une BD pour le monde déroutant dans lequel nous vivons aujourd’hui. »
Ajoutons que c’est brillamment dessiné, dans l’esprit « comics », avec très régulièrement des pleines pages de fausses publicités tout à fait étonnantes sur les machines à sous, les barbecues, les séjours en ranch… « La grande arnaque américaine », peut-être, pour reprendre le sous-titre ? Vivement le tome 2 pour en savoir un peu plus !
Didier QUELLA-GUYOT
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« American Caper T1 : La Grande Arnaque américaine » par David Lapham et Dan Houser
Éditions Urban Indies (14, 50 €) – EAN : 9791026857259
Parution 4 septembre 2026

















