Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
Lire la suite...Stephen Desberg joue collectif
En trois mois, les lecteurs auront pu découvrir l’intégralité des six volumes d’«Empire USA», saison 2, thriller géopolitique haletant signé de six dessinateurs différents, que le scénariste du « Scorpion » a imaginé dans le cadre d’un conflit Est-Ouest d’une nouvelle génération.
« À l’origine d’ « Empire USA », nous explique Stephen Desberg, il y avait l’envie de construire en profondeur tous les personnages, à l’image de ce qui ce fait sur les séries TV américaines, dont je suis fan. Mais l’intrigue se devait aussi d’avancer sur un rythme soutenu, d’où l’idée de rapprocher les parutions en travaillant avec différents dessinateurs. Par prudence, pour que les lecteurs acceptent ce système, adhèrent au passage de témoin graphique d’un album à l’autre, et pour se rapprocher de ce qui se fait dans les séries TV, j’ai élaboré, pour la saison 1, de longs résumés pour chaque album, ce qui m’a finalement été reproché. Pour la saison 2, j’ai donc décidé d’aller à l’essentiel et de me poser le moins de garde-fous possibles »
Il faut dire que Stephen Desberg a plutôt mal vécu l’accueil critique réservé à son premier cycle de 6 albums, paru en 2009 : « Je me suis heurté à la résistance des médias , très attachés à la tradition et qui ont vu, dans ma série, une ouverture vers la banalisation de la BD. Celle-ci a même fait l’objet d’une campagne de désinformation. Par exemple, il se disait, à tort, qu’on trouvait plus d’ « Empire Usa » en occasion qu’en librairie. »
Le succès commercial est pourtant au rendez-vous : « Près de 30.000 ventes en moyenne par titre, révèle le scénariste. Et le tirage des albums de la saison 2 est de 40.000 exemplaires à l’unité, avec l’objectif d’en vendre autant que pour la première saison. »
Si la première saison avait été construite en réaction aux années Bush, « dont je n’étais pas fier », indique le scénariste passionné de géopolitique et « à moitié américain par mon père », l’intrigue de cette deuxième saison se noue autour d’une une problématique qu’il juge probable : « une forme de nouveau clash entre les USA et la Russie, mais de forme différente. » Stephen Desberg s’avoue fasciné par le phénomène de l’oligarchie en Russie : « je me demande vraiment comment des gens ont pu construire des fortunes aussi colossales en si peu de temps. On se demande qui était derrière ces personnes, pour leur permettre de racheter une grande partie de l’économie russe. » Alors, il imagine une nouvelle forme de conflit, plus capitaliste : « Il m’intéressait de personnaliser cette nouvelle guerre froide, entre le milliardaire américain et l’oligarque russe. » Le scénariste se garde pourtant de donner des pistes à la résolution de ce conflit émergent, qui n’est pas ce qui l’intéresse le plus : « Ma position est celle de mon personnage principal, qui porte sa réponse en lui, celle d’une quête d’identité à l’intérieur d’un système, comment se retrouve-t-on plongé dans ce conflit et comment s’y positionne-t-on ? »

« Empire USA » saison 2, T6, dessins de KollerLes amateurs du genre devront cependant sans doute se contenter de cette nouvelle saison, qui ne devrait pas connaitre de prolongement, sauf retournement de situation : « Je me pose des questions sur une éventuelle suite, confie Stephen desberg, car cela demande beaucoup de travail et j’ai déjà élaboré beaucoup de scénarios portant sur la période contemporaine. J’ai bien envie de me changer les idées, mais la collaboration avec un collectif d’auteurs m’intéresse toujours. »
Laurent TURPIN
« Empire USA, saison 2 » T1 à 6 par Henri Reculé (T1), Alain Queireix (T2), Griffo (T3), Alain Mounier (T4), Erik Juszezak (T5) et Daniel Koller (T6) et Stephen Desberg
Éditions Dargaud (11,95 euros chaque)











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