Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
Lire la suite...« Pain d’alouette » T2 par Lax
Avec « Pain d’alouette », sorte de suite à « L’Aigle sans orteils », Christian Lax met à nouveau en scène les forçats de la route, afin d’évoquer au mieux les débuts du Tour de France, entre les deux guerres. Son personnage central, Reine Fario, n’est autre que la fille d’Amédée : ce sportif qui resta bloqué toute une nuit dans la montagne gelée et qui dû se faire amputer de tous ses orteils ; ce qui ne l’empêchera pourtant pas de s’engager sur le Tour, en tant que coureur isolé, en 1912, et de devenir le célèbre « Aigle sans orteils », ceci avant d’être tué sur le front?

Cette héroïne, jeune femme farouchement progressiste et émancipée, va reprendre, d’une certaine manière, le flambeau paternel, en s’intéressant de près aux courses cyclistes ; allant jusqu’à se déguiser en homme pour y participer et vivre ce milieu de l’intérieur… Ainsi, elle va pouvoir rédiger des articles dans la presse, en tant que journaliste sportive, et être en prise avec l’actualité de son époque : notamment lorsque certaines injustices se produiront sur les Paris-Roubaix des années 1930…

En peaufinant et renouvelant sa technique illustrative, surtout en ce qui concerne les couleurs directes, les dégradés et les rendus avec la matière, le dessinateur d’« Azrayen’ » et de « La Fille aux ibis » (entre autres chefs-d’œuvre) réussit, une fois de plus, à nous émouvoir et à nous communiquer sa passion pour le vélo ; tout en y mêlant, par petites touches, une touchante description du milieu ouvrier (les scènes dans le fond des mines sont vraiment oppressantes et particulièrement réussies) et de la complexité du climat politique de ces années quelque peu dépressives. Bref, voici un diptyque à conseiller fortement, même à ceux qui sont loin d’être des adeptes de la Petite Reine !
Gilles RATIER
« Pain d’alouette » T2 par Christian Lax
Éditions Futuropolis (16 €)








