Tout juste auréolées du Prix René Goscinny du jeune scénariste (pour « Les Cheveux d’Édith », également chez Dargaud, mais avec Dawid au dessin), les prolifiques autrices en ouvrages jeunesse ou romans young adult que sont Fabienne Blanchut et Catherine Locandro nous racontent, dans ce qui n’est que leur deuxième bande dessinée, comment, entre silences et non-dits, a basculé la vie de Frédérique, alors qu’elle avait à peine 13 ans. Basé sur leurs trajectoires personnelles, cet attachant et délicat récit intime, somptueusement mis en images par l’Italien Thomas Campi, nous amène en Corse-du-Sud. À l’occasion de vacances en famille, pendant un été bien particulier de 1985, la fillette comprend qu’elle grandit et qu’elle est différente, car elle prend doucement conscience de l’attirance qu’elle développe pour une serveuse du restaurant du village…
Lire la suite...Fluide glacial fête Édika !
Frère aîné de Paul Karali, le Carali créateur du Psikopat, Édouard Karali — alias Édika — est fêté par Fluide glacial, qui lui offre la Une de son numéro d’octobre et l’inauguration de la collection Les Grands Crus classés de Fluide glacial. La classe !
Édika, né le 17 décembre 1940 à Héliopolis en Égypte, réside ensuite au Liban auprès d’une mère femme au foyer et d’un père professeur de gym. Il part avec son frère Paul (né en 1945), rejoindre leurs parents au Canada ; mais ils font escale à Paris, ville qu’ils ne quitteront plus. Pour les curieux, notons que leurs aventures rocambolesques sont contées avec humour par Carali dans « Odeur de brûlé », publié dans l’excellent Siné mensuel (un album disponible).
Édika commence par travailler pour la publicité, puis signe de nombreux jeux pour les poches des éditions Vaillant. Après un court passage à Pilote et à Charlie mensuel, il entre en 1979 à Fluide glacial, le fameux mensuel d’Umour et bandessinées, qu’il ne quittera plus le long de quarante années de collaboration, pour 36 albums publiés totalisant plus d’un million d’exemplaires vendus. Avouez que la caméra ne pouvait que s’arrêter sur cet auteur, l’un des derniers encore en activité dans les pages du mensuel créé par Gotlib.
Fluide glacial n° 497 (octobre 2017, 4,90 €, en kiosques) offre donc sa couverture à Édika, à qui Lindingre le rédac chef rend hommage dans son édito. L’auteur livre « Menu du jour » : un récit complet où l’on retrouve son héros Bronsky Profo, dessinateur de BD en manque d’idées, toujours entouré par sa femme Olga, sa fille Georges, son fils (Paga) Nini, sans oublier Clark Gaybeul, le chat irrésistible et, bien sûr, une dame à la forte poitrine. Un scénario, comme à l’habitude, sans chute et rempli de gags loufoques et décalés. Bref, la recette infaillible qui fait son succès depuis quatre décennies !
Passons à l’album, que dis-je l’Ouvrage : « Appellation Édika contrôlée », de la nouvelle et belle collection Les Grands Crus classés de Fluide glacial. Le principe est simple : une brochette d’auteurs est priée de sélectionner l’histoire, à leurs yeux, la plus « absurdus débiloff profondikoum » du maître, qui est reprise accompagnée d’un dessin des dits auteurs. Sont au rendez-vous : Berberian, Binet, Sattouf, Mo Cdm, Lindingre, Isa, Salch, Bouzard, Goossens, Pixel-Vengeur, Éric et Ramzy (avec Khattou). Avec un récit inédit en prime, cet album de grand format en librairies à partir du 18 octobre, compte 96 pages sublimes. À déguster.
Henri FILIPPINI
« Appellation Édika contrôlée » par Édika
Éditions Fluide glacial (19,90 €) — ISBN : 9 782 352 078159










